SARKOZY, on t'a vu !

 Sarkozy, on t'a vu !
113ème semaine de Sarkofrance : où l'on comprend que le Président cherche
à toute force à faire oublier l'échec total de sa rupture, ses écarts bling bling
et toute sortes d'autres impairs. Sans parler de Karachi et de la crise.

Sarkozy, on t'a vu !

"Quand le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt. " Sarkozy nous prend-il donc pour des idiots ? Se prend-il pour un sage ? Il aime attirer nos regards sur son emprunt populaire, chercher à polir son image, et séduire les électorats vert et centriste dans la perspective de 2012. Regardez donc la lune sarkozyste de plus près : une France surendettée, des riches protégés, des précaires abandonnés, et des délits de faciès en tous genre. Ajoutez-y une sombre affaire de commissions occultes, et le portrait est complet.

Masquer nos dettes

Tout le monde a compris que cette histoire d'emprunt populaire n'est qu'une opération de communication. Pour contrer les critiques contre ses incohérences fiscales et budgétaires, Sarkozy a trouvé cette idée: lancer un emprunt public, appuyé sur 3 mois de "débats" sur son utilisation. Le concept a fait flop.
L'emprunt a surtout été un sujet de discorde... au sein du camp UMP. Fillon nous explique qu'il financera des projets d'avenir et « rentables » (« il ne s'agit en aucun cas d'utiliser cet emprunt public comme une sorte de solution miracle à toutes nos difficultés budgétaires »). Guaino préfère des dépenses sociales. D'autres pensent à un second plan de relance. Gilles Carrez, le rapporteur UMP du Budget à l'Assemblée Nationale, s'inquiète du taux trop attractif qu'il faudra proposer pour séduire le public. Le débat existe, mais à droite. Dimanche dernier, «jour du Seigneur »", François Fillon avait réuni quelques ministres pour lancer ce « Grenelle de l'Emprunt », et annoncer son calendrier de mise en œuvre. Rama Yade aimerait bien que l'emprunt serve à ... rénover les courts de Roland-Garros et les stades de football pour l'Euro de 2016. Luc Chatel pense plutôt à rendre les écoles écolo-compatibles ou aux « internats d'excellence ». NKM parle de « numérique » (?); Valérie Pécresse aimerait que l'argent serve à la fibre optique. Martin Hirsch et Fadela Amara pensent « djeuns » et « banlieues ». Même Frédéric Mitterrand y est allé de son couplet, sur la « rentabilité » d'installations culturelles, comme à Bilbao ou Conakry... En juin, c'est Noël en  Sarkofrance ! Le ministre du budget a rappelé que « le gouvernement ne s'exprimera pas sur les modalités avant d'en avoir fixé le but ». S'agit-il d'être prudent, ou d'alimenter un faux suspense pour occuper le terrain médiatique ?

Mercredi, le Monarque a reçu les organisations syndicales. Il fallait élargir le cercle. Les syndicats sont restés sceptiques. On a parlé des charges des entreprises, de l'accès des ex-intérimaires et des CDD au contrat de transition professionnelle, de la convention de reclassement personnalisée, et de la possibilité d'une prime pour les bas salaires. Nicolas Sarkozy a même annoncé la constitution d'une  commission, qui sera présidée par deux hautes personnalités. On attend encore un débauchage à la droite de la gauche.

 
Capter l'électorat vert et centriste
Une semaine après le remaniement ministériel, Nicolas Sarkozy poursuit son offensive de séduction: pour 2012, il a besoin de capter l'électorat centriste et surtout écolo. La droite s'est resserrée. Trente pour cent d'électeurs dociles qui suivent le monarque faute d'alternative. Et compte bien que le locataire de l'Elysée pour éviter qu'il y en ait.
Pour plaire aux centristes, Sarkozy adoucit son image. Rachida Dati est partie. Sarkozy veut éviter de parler haute couture et bijoux. L'expulsion de Dati à Strasbourg sert à ça: corriger l'image "bling bling" d'un Monarque en mal de popularité. Il a également débauché le trésorier du Modem, Michel Mercier, un vieil élu qui n'attendait qu'un strapontin ministériel pour finir sa carrière. Sensible aux attaques de François Bayrou sur les libertés publiques et l'indépendance des médias, il a nommé Frédéric Mitterrand, un clin d'oeil à la « gauche de Carla »  qui n'effraiera personne. On attend de savoir si le ministre sera secondé par un autre Frédéric, Lefebvre et ineffable. Ce serait un mauvais signal, dans Sarkozy a aussi confié à Jean-Marie Bockel le soin d'afficher sa compassion pour les détenus et la situation carcérale. L'ex-socialiste s'est rapidement auto-administré une«  piqure de rappel  » en allant visiter une prison surpeuplée à Strasbourg cette semaine. Sarkozy nous enfle. Pardonnez l'expression. Les prisons débordent depuis des lustres, et l'ex-ministre de l'Insécurité n'a rien fait pour remédier au problème.

Côté écolo, l'offensive est plus puissante. Borloo sera sans doute le prochain premier ministre, après les élections régionales de 2010. Il faudra lui rappeler ses affaires de Valenciennes, sa conversion laborieuse et douteuse à l'écologie, son dilettantisme notoire. , Michel Rocard, nCette semaineommé ambaassadeur de la cause du Groenland par Nicolas II il y a deux mois, est revenu animer une conférence d'experts à Paris sur la « Contribution climat énergie » (CCE), la fameuse taxe carbone. C'est amusant, Rocard est une énigme. En septembre 2008, il fustigeait l'incompétence économique de Nicolas Sarkozy. Un mois plus tard, il se félicitait de sa réaction face à la crise. En 2009, Sarkozy pense à décembre prochain, le sommet de Copenhague sur le climat, un timing idéal pour les élections régionales de 2010. Il essaiera de nous faire oublier son misérable plan Energie Climat européen de décembre dernier, pour lequel il n'a soutenu aucun effort financier quelques mois plus tard.

Polir son image
Jeudi, Denis Olivennes a servi la soupe présidentielle, qui cherche à reconstruire la popularité défaillante du Monarque. Le patron du Nouvel Observateur a lui-même réalisé une interview du Monarque, sans prévenir sa rédaction. Le chef de l'Etat y confie qu'il regrette son image Bling Bling (« Cela correspondait à une époque de ma vie personnelle qui n’était pas facile et où j’avais à me battre sur plusieurs fronts ») et ses excès verbaux-verbeux contre des journalistes. Il regrette ses emportements, s'excuse auprès de Laurent Joffrin, le directeur de Libération, se dit « choqué » par les procès en cours pour délits d'outrage à son égard.
Coïncidence, on apprenait que sa Présidence venait de réceptionner l'un des deux premiers Falcon 7X flambants neufs (coût 50 millions de dollars). Et dans la même interview, Sarkozy compare l'humour de Stéphane Guillon à celui de Jean-Marie Le Pen. Il voudrait donc nous faire croire qu'il a changé, ... comme un certain 14 janvier 2007. A l'époque, adoubé par les militants UMP, il avait livré un discours sur le thème du changement: « J'ai changé ». La France et les médias découvraient incrédule un Sarkozy faussement calme. Polir l'image présidentielle est l'axe stratégique des prochains mois de l'équipe élyséenne. Franck Louvrier, le conseiller communication du monarque, a envoyé ayux patrons de presse un joli fascicule en papier glacé sur le discours de Versailles. France 5 va prochainement diffuser un documentaire hégériaque sur Sarkozy. L'Express relate comment Sarkozy s'ouvre à de«  nouveaux horizons culturels ». Suivrait-il la voie de Jacques Chirac, féru d'Asie et des arts premiers ? Samedi, le voici au carré Marigny, en face de l'Elysée, en train d'acheter des timbres de collection sur un marché.

Sarkozy veut être populaire, à l'approche de nouvelles secousses sociales, des prochaines élections régionales, et d'une crise dont la sortie n'est pas prévue avant 2010.

Mardi, l'Assemblée Nationale a adopté sa fameuse loi "anti-bandes", proposée par Christian Estrosi. Un dispositif inutile, basé sur le soupçon plutôt que le constat. Les polices de France pourront prochainement appréhender des groupes de jeunes sur la base d'un nouveau délit de faciès. Henri Guaino, le conseiller spécial du président, a pu juger des tensions en banlieues. Il s'est rendu caché à la Cité des Mureaux, à Montfermeil, un lieu devenu symbolique des banlieues difficiles et, du coup, très visité par des "people" politiques en mal d'expérience "terrain". La voiture de police qui l'abritait s'est faite caillasser.

Oublier les délits en cascade
L'UMP elle s'est fait prendre la main dans le sac : un vrai délit de racolage électoral actif. A peine la réduction de la TVA (de 19,6 à 5,5%) sur la restauration est-elle entrée en vigueur que le parti de Xavier Bertrand a envoyé aux quelques 120 000 restaurateurs un bulletin d'adhésion à l'UMP... Et comment l'UMP a-t-elle obtenu leurs coordonnées ? Luc Chatel, toujours porte-parole du gouvernement mais nouveau ministre de l'Education Nationale, a été pris en flagrant délit de ... contradiction. Alors qu'il défend la politique de l'emploi du gouvernement chaque mercredi à l'issue du Conseil des ministres, on apprenait qu'environ 30 000 auxiliaires et d'emplois de vie scolaire n'ont pas été renouvelés le 30 juin dernier.

Oublier le Karachigate
Il y a 15 jours, Nicolas Sarkozy a voulu balayé d'une phrase (« c'est une fable ») l'affaire dite du Karachigate. L'un des avocats des familles des victimes de l'attentat de Karachi du 8 mai 2002 avait révél que les juges suspectaient non plus la piste islamiste mais une vengeance du Pakistan, suite à l'arrêt du versement de commissions à leurs intermédiaires dans le cadre de la vente de 3 sous-marins français en 1994. Un ancien juge a contesté cette version. Reste que l'étau semble se resserrer autour du camp Balladur de l'époque: il est un soupçon que personne ne conteste, à part les intéressés eux-mêmes, celui du versement de commissions occultes, via cette vente d'armes (et de quelques autres), à la campagne présidentielle du candidat Balladur en 1995. Nicolas Sarkozy était son directeur de campagne. Et son équipe ne pouvait compter sur le soutien financier du RPR, tout engagé aux côtés du rival Chirac. En 1994, la France de Ballaudur, via la Direction des Constructions Navales (DCN), vend 3 sous-marins au Pakistan, mais aussi des frégates à l'Arabie Saoudite, en 1994 pour 2,9 milliards d'euros. D'après l'ancien directeur financier de la DCN, Gérard-Philippe Menayas, Edouard Balladur aurait imposé deux intermédiaires à la DCN dans cette vente de sous-marins, dont l'un est « suspecté de longue date par les services secrets français de s'être livré à des activités illégales (blanchiment, trafic de drogue et d'armes...), mais aussi d'entretenir des «relations financières» avec l'ancien premier ministre Edouard Balladur ». Au Nouvel Observateur, Nicolas Sarkozy défend sa cause: « Cela devrait vous rassurer d’avoir un président pointilleux sur les questions d’honnêteté. » La justice devrait entendre Edouard Balladur sur cette affaire. Attentat ou pas, le versement de commissions occultes pour financer une campagne politique n'est pas autorisé. Il faut parfois rappeler certaines vérités. Les comptes de campagne d'Edouard Balladur, validés, restent discrets sur le sujet.

Oublier la crise
Vendredi, Laurent Wauquiez, le secrétaire d'Etat au Chômage a annoncé vouloir faire financer par le pôle emploi le permis de conduire de 0,006% des chômeurs prévus cette année, soit 20 000 personnes. Bel effort ! « Il faut aller beaucoup plus loin pour que le manque de mobilité ne soit plus un obstacle » a-t-il estimé. On se félicitera quand mêeme que le budget consacré aux aides à la recherche d'emploi (notamment pour la prise en charge des billets de train ou d'un déménagement) a été doublé de 40 à 80 millions d'euros en 2009. Il y a à peine 6 mois, le même Wauquiez estimait à 150 000 le nombre de dermandeurs d'emploi dans le besoin d'aide à la mobilité. En juillet 2009, les ambitions ont été revues à la baisse... Mercredi dernier, Sarkozy a enjoint les partenaires sociaux de renforcer l'indemnisation des salariés victimes de la crise. Il pensait surtout aux contrat de transition professionnelle (CTP), voire de rapprocher la convention de reclassement personnalisé (CRP) du CTP". Et lui, il attend quoi ? Qu'on soit tous dans la rue ?

Oublier avant tout
Sarkozy a encore deux ans pour faire oublier beaucoup de choses : ses déclarations sur les enseignants-chercheurs incompétents, son fichier Edvige, ses centres de rétentions, les franchises médicales pour tous pour financer le bouclier fiscal de quelques-uns, son « offre raisonnable d'emploi » qui expulse les chômeurs de leurs droits, son RSA qui flique leurs revenus, ses sanctions contre les préfets récalcitrants, le pantouflage de ses proches conseillers, son discours sur l'homme africain, sa diplomatie nucléaire auprès des dictatures de la planète. Nicolas Sarkozy doit faire oublier l'échec de sa rupture. La crise lui en a fournit le prétexte. Il peut célébrer le modèle social français qu'il voulait détruire tout en continuant de l'affaiblir par petites touches. L'électeur sarkozyste devra se demander si précipiter au chômage les seniors de plus de 58 ans est chose raisonnable, si lécher le cercueil d'Omar Bongo malgré les sifflets était bien nécessaire; si la défiscalisation des heures supplémentaires n'était pas la pire idée de la décennie.
L'électeur sarkozyste a quelques mois encore pour juger s'il fallait acheter un nouvel Airbus présidentiel, ou claquer la bise à Poutine quelques heures avant que ce dernier n'envahisse la Géorgie; si l'éthique était au rendez-vous de cette présidence. Bref, l'électeur sarkozyste devra faire preuve de lucidité.

Ami sarkozyste, où es-tu ?

Le Lab du PS

Le Lab du PS : vraie boîte à idées ou moulin à vent ?

Enquête sur la reconquête intellectuelle lancée par les socialistes.
Objectif : rédiger enfin un projet cohérent, avant fin 2010.

Martine Aubry à l'université d'été du PS en 2008 (Audrey Cerdan/Rue89)

C'est une pièce sans ordinateur, aux étagères aux trois-quarts vide, portant un vieux minitel débranché. Au deuxième étage du siège du PS, bienvenue dans le bureau de la direction du « Lab ». Entendez « Laboratoire des idées », créé par Martine Aubry pour livrer le combat de la présidentielle en 2012. Aux manettes : Christian Paul, député de la Nièvre, et une apparatchik, Lucile Schmid.

L'objectif est de faire revenir les visiteurs du soir rue de Solférino. Sociologues, consultants, économistes ou philosophes. Tous les dix jours environ, ils se retrouvent par « groupe de réflexion », autour d'un animateur de débats. A quinze ou à moins, ils doivent permettre de sortir un projet idéologique cohérent.

Quelques idées déjà formées devraient irriguer le séminaire de direction du Parti socialiste, dès le 7 juillet. Puis rapport d'étape dans six mois et rapport final dans un an. On pourra alors juger sur pièces. Date limite : fin 2010, pour être certain ne pas reproduire les erreurs de 2002 et 2007, reconnaît Christian Paul :

 

 

« A chaque fois, le travail sur le programme présidentiel a été tardif et insuffisamment préparé. La fonction programmatique doit être continue, il y a des idées à imposer bien en amont de la campagne. »

Revenir sur le divorce entre les intellectuels et le PS

Dès son arrivée dans le bureau de première secrétaire, Martine Aubry a rassemblé l'ancien secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Christian Paul et le sociologue Michel Wievorka, non encarté au PS et blogueur de Rue89, pour un brainstorming sur la « bataille des idées ». Une bataille rendue d'autant plus urgente à engager avec la claque reçue par le PS aux européennes. Ami de Martine Aubry, l'universitaire précise :

« Le problème, ce n'est pas les idées, il y en a tant qu'on veut. Ce qui manque, ce sont des dynamiques dans lesquelles des politiques et des chercheurs travaillent ensemble, sans inverser les rôles. Le Lab peut correspondre à cette dynamique. »

Christian Paul a conscience du « divorce entre les intellectuels et le PS ». Il leur promet un retour de la part des socialistes, même « pour expliquer aux contributeurs les raisons pour lesquelles certaines propositions ne seront pas retenues ».

Mieux : une fois par mois, Martine Aubry en personne participe à une séance de réflexion. « Le Lab, poursuit le député de la Nièvre, ce n'est pas la République des experts. » En clair, le PS entend s'entourer pour se repenser :

 

« Le Laboratoire des idées, c'est ce double mouvement : mobiliser la recherche et les innovateurs sur le terrain. Avec aussi les collectivités locales, les fédérations socialistes, qui ont leur place dans ce travail de reconstruction idéologique. »

Autre difficulté : travailler avec les autres, tous les autres. A commencer par les cercles de réflexion existants, souligne Christian Paul :

« Le problème, c'est qu'il n'y a pas de vrais think tanks à gauche aujourd'hui en France, par manque de moyens, y compris pour la
Fondation Jean-Jaurès ou Terra Nova. La gauche fait culturellement un tabou du financement des chercheurs par les entreprises. Alors que les vrais think tanks sont soit très liés à l'Etat, soit très proches des milieux d'entreprises, donc plutôt à droite. »

Tous les autres, cela veut aussi dire tous les courants du parti. Y compris les « royalistes » ?

« Si Sophie Bouchet-Petersen [conseillère de Ségolène Royal, ndlr] veut venir travailler au Lab, je l'embauche tout de suite ! Aujourd'hui, on a besoin d'avoir un PS en état de marche, fort. On ne va passer notre temps à attendre le messie. Si on ne fait pas ce travail, la dévitalisation du parti à l'oeuvre depuis 2002 ne fera que s'aggraver. 
Les groupes : tout sur l'économie, rien sur la sécurité.

Le premier groupe à voir le jour, sous la houlette de Lucile Schmid (énarque, militante pour une VIe République et membre du
comité de la revue Esprit), porte sur « La crise et comment s'invente le modèle d'après ». A une dizaine (les économistes Daniel Cohen, Maya Becache-Beauvallet, un jeune consultant anonyme…), ils tentent de définir les modèles de l'après-crise. Pour Christian Paul, c'est une clé essentielle :

« La crise a pris totalement à revers, à contrepied la droite française. Nicolas Sarkozy avait été élu pour moins d'Etat, moins d'impôts et moins de dettes, et sur ces trois fronts c'est l'inverse qui est en train de se produire. Les valeurs et les repères à droite sont aujourd'hui totalement perdus. (…)

Là nous avons un moyen de propulsion extraordinaire. A nous d'être à la hauteur de ce défi intellectuel et politique. »

Second groupe à éclore : « Diversité, égalité, solidarité », mené par Michel Wievorka, avec Louis-Georges Tin (Cran), Axel Urgin (Cour des comptes) et la députée Georges-Paul Langevin. Ici, il s'agit de repenser une sorte d'ordre juste, un point d'équilibre sur des questions (laïcité, communauté, diversité…) qui divisent profondément les partis. Michel Wievorka :

« Sur les dossiers techniques, le PS n'a pas de difficultés majeures. La difficulté, après l'effondrement du communisme et la crise actuelle, c'est d'être capable de proposer une vision intégrée, globale. Aujourd'hui, la nouveauté, c'est Obama. La gauche doit être capable de proposer une vision d'un autre monde. Le Lab doit apporter un cadre général d'idée pour porter un tel projet. »

 

Autres groupes déjà en activité :

  • Les enjeux méditérannéens
  • L'outre-mer
  • Le partage des richesses
  • La civilisation numérique
  • La ville globale
  • La France et l'Europe

En marge de ces groupes, le Laboratoire des idées a lancé le programme des « Innovateurs du quotidien ». Là aussi, les socialistes sont en pleine phase de lancement. Le but est de quadriller tout le territoire hexagonal, mais aussi de regarder à l'étranger, pour débusquer les micro-projets qui fonctionnent au niveau local et voir s'il est possible de les développer au niveau national.

Aucun groupe toutefeois sur la sécurité pour l'instant, même si le projet est dans les tiroirs. L'écologie ? « Elle est répartie entre plusieurs groupes. » Sans oublier deux groupes d'espionnage, baptisés « Observatoire Obama » et évidemment « Observatoire Sarkozy ». Emmanuelle Mignon, cheville ouvrière du sarkozysme en 2007, n'a pas souhaité commenter l'initiative.

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Vendredi 10 juillet 2009

«EDF veut produire de l'électricité au coût du nucléaire et la vendre au prix de celle à base de charbon»

INTERVIEW: François Carlier, directeur des études à UFC-Que choisir, réagit aux déclarations du patron d'EDF qui souhaite une hausse de 20% des tarifs de l'électricité sur trois ans ou «un peu plus» pour que le groupe cesse de s'endetter.

Pylone électrique d'EDF.


Pierre Gadoneix, PDG d'EDF, ment-il quand il dit que «l'électricité en France est 30 à 40% moins chère que dans les autres pays européens» et affirme qu'«en vingt-cinq ans, l'augmentation du prix de l'électricité dans l'Hexagone n'a jamais été supérieure à l'inflation»?

Non. Même si les tarifs de l'électricité à l'étranger ont plus augmenté de l'ordre de 30% que 40% par rapport aux tarifs pratiqués par EDF. Ces derniers ont effectivement faiblement augmenté depuis vingt ans: 1% par an en moyenne. Mais avec une parfaite justification économique: c'est que l'appareil nucléaire coûte moins cher et, surtout, il est amorti.

Il existe donc une spécificité française en la matière?

Absolument. La France a choisi le nucléaire. Et ce choix présente un avantage, c'est que le coût du kilowatt/heure avec le nucléaire est bien moins élevé que le coût au gaz et au charbon. Les Français ont assumé les risques du nucléaire et ils en ont reçu un avantage, c'est-à-dire des tarifs d'électricité moins élevés que leurs voisins. Du moins, pour l'instant. Ce n'est donc que justice.

Pourquoi alors une telle annonce de l'électricien?

Le grand rêve d'EDF, c'est de produire de l'électricité au coût du nucléaire et de la vendre au prix de l'électricité à base de charbon. Pour eux, ça serait une excellente chose, ça ferait même d'EDF l'entreprise la plus rentable au monde. Là-dessus, le débat est tranché.

Mais EDF est déjà une entreprise très rentable...

Oui, il est évident qu'elle n'est pas en situation de banqueroute. Elle s'est énormément développée à l'étranger avec pas mal de rachats. Après, la question qui se pose concerne le futur. EDF doit renouveler son parc nucléaire, avec les fameux EPR. Et ces nouveaux investissements vont entraîner des surcoûts et des augmentations du prix de la facture. Cela est indéniable.

L'argumentaire de Pierre Gadoneix est donc pour le moins étrange?

C'est surtout un problème de méthode. 20% d'augmentation sur trois ans, c'est six fois l'inflation générale des prix. Mais on ne peut pas demander six fois l'inflation sans proposer un chiffrage précis de ces fameux nouveaux investissements et aussi sans demander à la Commision de régulation de l'énergie (l'autorité de régulation de l'électricité, ndlr) si cette demande d'augmentation est justifiée. Car EDF exerce une activité où il possède un monopole de fait.

Comment alors interpréter ces déclarations?

C'est au pire une provocation, au mieux un plan de communication pour tester l'opinion publique. Mais tout cela n'est pas sérieux dans un contexte où il y a plein d'entreprises qui vont très mal. Qu'une entreprise qui va bien se permette de demander six fois l'inflation n'est ni poli, ni acceptable. Ce n'est pas une façon de faire. Je vais prendre une allégorie: que diraient des employés si leur patron leur demandait de diminuer leur salaire par six en trois ans? Ils demanderaient évidemment les chiffres d'affaire et de fonctionnement de leur entreprise.

Pourquoi alors EDF est-il capable d'un côté d'emprunter plus de trois milliards aux particuliers et de l'autre côté de se mettre l'opinion publique à dos en annonçant des hausses de tarifs faramineuses?

Comme EDF se lance dans une grande phase d'investissements, elle a besoin de financements. Et tout cela la rend de fait un peu nerveuse. Cela se comprend. Mais cette nervosité ne doit pas impliquer ces annonces un peu délirantes qui sont faites, qui plus est, hors du cadre institutionnel de la négociation du tarif, c'est-à-dire hors cadre paritaire comme diraient des syndicalistes.

Que pensez-vous de cet emprunt obligataire?

Nombre de spécialistes pensent qu'un emprunt aux marchés financier aurait coûté moins cher qu'un emprunt populaire. Mais le choix d'EDF de l'emprunt obligataire donne une touche citoyenne à leur projet. Ils disent: si on a réussi à lever 3 milliards d'euros, c'est le signe que les Français nous font confiance et qu'il faut augmenter les prix. Alors que les deux choses n'ont rien à voir. Ces deux processus sont distinct. A moins d'imaginer que l'argent récolté par l'augmentation des tarifs servira à payer les intérêts de l'emprunt aux Français. Reste que tout cela est assez malheureux alors que, jusqu'ici, EDF était assez correct dans sa façon de faire. Là, on peut vraiment parler de dérapage.

Par libé - Publié dans : Economie - Communauté : Les blogs socialistes
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Mercredi 8 juillet 2009


 Dans la justice, le procureur général Marc Robert bataille aujourd’hui contre sa mutation imposée par le gouvernement. Dans l’éducation et la police, comme dans la préfectorale, les sanctions et les pressions remettant en cause l’indépendance des fonctionnaires se multiplient. Autant d’affaires qui alourdissent un air du temps marqué par des atteintes tous azimuts à la déontologie de la fonction publique et par une «personnalisation» des nominations dans la sphère publique. De cette dérive, les écrits du conseiller d’Etat Christian Vigouroux signalent la gravité et les enjeux républicains.

Dans la gendarmerie, le cas est sans précédent : un officier supérieur vient d'être envoyé devant le conseil d'enquête pour «violation du devoir de réserve». Le commandant Jean-Hugues Matelly, qui est aussi chercheur associé au CNRS, risque fort d'être chassé de l'armée pour avoir usé de la liberté d'expression. Il s'agit bien d'une «première historique», confirme à Mediapart la direction de la gendarmerie.

 

Il faut s'arrêter un temps sur cette affaire qui, avec d'autres, donne du sens à la période. Au commandant Jean-Hugues Matelly, il est reproché d'avoir co-signé, aux côtés de deux chercheurs du CNRS, un article dans la (sérieuse) revue Pouvoirs locaux, en janvier 2009. Sous le titre «Feu la gendarmerie nationale», les auteurs analysaient le «rapprochement» de cette dernière et de la police nationale, sous la houlette du ministère de l'intérieur – une réforme voulue de longue date par Nicolas Sarkozy. Avec un pronostic : «La Gendarmerie va donc fusionner (sans le dire) avec la Police nationale.» Deux autres interventions dans les médias ont alourdi le cas du chef d'escadron. Un extrait du même article a été diffusé sur Rue89 et Jean-Hugues Matelly l'a commenté sur Europe1, le 31 décembre 2008.

 

 

Même si l'intéressé est intervenu «en qualité de chercheur» – comme le reconnaît sa convocation devant le conseil d'enquête –, l'ensemble lui vaut des poursuites disciplinaires pour avoir exprimé une «désapprobation claire vis-à-vis de la politique conduite par le gouvernement». Petit rappel au règlement : le «conseil d'enquête» correspond à la procédure disciplinaire la plus grave visant les militaires. Elle se traduit généralement par la «radiation des cadres» (l'éviction de l'armée) ou le «retrait d'emploi» (une mise sur la touche temporaire).

 

Cette artillerie lourde vise, d'habitude, des officiers qui sont aussi poursuivis pour des infractions pénales. Ce fut le cas pour les gendarmes à l'origine du fameux incendie des paillotes corses en avril 1999 (le colonel responsable de l'opération n'avait d'ailleurs pas été sanctionné par le conseil d'enquête... mais, plus tard, condamné par la justice pénale). En 2008, il y eut quarante-trois conseils d'enquête visant des gendarmes – un officier et des sous-officiers –, nous précise la gendarmerie. (Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

 

 

 

L'avocat du chef d'escadron, Me David Dassa Le Deist, souligne que son client «ne s'est pas exprimé ès qualités de commandant de gendarmerie mais de chercheur associé au CNRS». Le défenseur plaide que «la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme indique que les libertés d'expression, d'opinion et de pensée des militaires ne s'arrêtent pas à la porte des casernes, même si ce principe doit se concilier avec l'obligation statutaire de réserve».

 

L'avocat ajoute que M. Matelly avait co-signé en 2007 un ouvrage sur les diverses manipulations des statistiques policières et gendarmiques. Ce pavé dans la mare, dont Mediapart a déjà rendu compte et qui avait été beaucoup plus médiatisé que l'article incriminé, n'avait pourtant pas provoqué de choc en retour.

 

Il est vrai que le commandant Matelly ne cache pas avoir été l'un des fondateurs du mouvement «Gendarmes et citoyens», début 2008. Quelques mois plus tard, l'officier avait dû démissionner de cette association qui compte une majorité de gendarmes d'active voulant débattre des questions les concernant – dont le rattachement au ministère de l'intérieur. Sur ordre de sa hiérarchie, il s'était incliné pour ne pas s'exposer à un refus d'obéissance. Le site du Forum «Gendarmes et citoyens» (quelque 14.000 adhérents) défend aujourd'hui ardemment le commandant Matelly dont le comportement, selon l'accusation, «est contraire à la déontologie et à l'éthique militaires».

 

Voilà pour ce cas d'école militaire. Se rassurerait-on en le cantonnant aux vieux réflexes de la «Grande Muette» ? Ce serait ignorer que, du côté des «civils», la liste s'allonge des manquements au fonctionnement normal des institutions républicaines. La nomination des «amis du président» à des postes de pouvoir a trouvé son parangon avec l'affaire Pérol – révélée par Mediapart. La nomination des «amis de Carla» à des postes influents, dans l'audiovisuel public ou au gouvernement, trouble aussi bien des consciences. C'est le blog de l'avocat général Philippe Bilger qui, mardi 7 juillet, s'en fait l'expression («Carla, ses amis et la République»). Jour après jour, des fonctionnaires de tous rangs et de tous horizons subissent les foudres de leur hiérarchie ou du gouvernement.

«Avantager un proche, un parent, un collaborateur au détriment de tiers...»

 

Dans la justice, ce même mardi 7 juillet, le procureur général de Riom (Puy-de-Dôme) bataille contre sa mutation «arbitraire» imposée par le gouvernement. Soutenu par les syndicats de magistrats, Marc Robert attaque cette décision devant le Conseil d'Etat. Paie-t-il ses récentes déclarations faisant état de «réserves» sur la suppression du juge d'instruction annoncée par le président Sarkozy et sur la refonte de la carte judiciaire ? Son combat fait suite à plusieurs précédents qui ont dernièrement choqué la magistrature.

 

Dans l'éducation nationale, les «désobéissants» s'exposent aussi aux foudres hiérarchiques, comme l'a souvent montré Mediapart. Même chose dans la police et dans l'administration préfectorale : ici quand un déplacement présidentiel a semblé trop «chahuté» par Nicolas Sarkozy (un préfet et un commissaire mutés, dans la Manche), là quand le jardin corse de son ami Christian Clavier est brièvement occupé par des nationalistes (le responsable de la police sur l'île de Beauté a été évincé).

 

Là encore, quand le préfet de l'«affaire du cap Nègre» est limogé par un décret présidentiel. Et il faudrait des études approfondies pour examiner les bouleversements du Bottin administratif et des nominations qui ont accompagné, ces derniers temps, les réformes en profondeur de la fonction publique d'Etat (au gré de fusions de services et de «révision générale des politiques publiques»).

 

De ces contorsions imposées aux serviteurs de l'Etat et à ses traditions républicaines, les écrits de Christian Vigouroux ont rendu compte avant l'heure. Son livre sur la Déontologie des fonctions publiques (Dalloz), qui fait autorité, a été écrit en 2006 – à une date donc où l'on ne peut le qualifier de pamphlet antisarkozyste. Certes, «l'administration doit suivre les ordres légaux de l'autorité politique», note le conseiller d'Etat. Mais la finalité des fonctions publiques reste «l'intérêt général», qui s'impose à chaque agent public : «Parallèlement à sa dépendance hiérarchique, il lui est demandé une indépendance d'esprit.»

 

 


Certaines notations peuvent sembler d'une actualité très contemporaine : «Avantager un proche, un parent, un collaborateur au détriment de tiers, en violation du principe d'égalité, relève du détournement de pouvoir», relève ainsi l'ouvrage. «Dans un Etat idéal, chacun s'en tiendrait à la circulaire du nouveau premier ministre Michel Rocard à ses ministres, en mai 1988, rappelle encore Christian Vigouroux : la désignation des titulaires des emplois publics doit se faire sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.» Un principe «juridiquement incontestable», souligne le conseiller d'Etat.

 

 


«Quand j'entends les talons qui claquent, je vois les cerveaux qui se ferment»

 

Dans la sphère militaire, un autre livre de Christian Vigouroux arpente la complexité des relations entre le devoir d'obéissance des fonctionnaires et leur service du seul intérêt général. Il s'agit, cette fois, d'une biographie fouillée de Georges Picquart, dreyfusard, proscrit, ministre. Georges Picquart qui, chef de l'espionnage militaire, découvrit en 1896 la preuve de l'innocence du capitaine Albert Dreyfus. Il sacrifia sa carrière à la recherche de la vérité et fut chassé de l'armée pour avoir refusé de se taire face à une machination orchestrée par sa hiérarchie au nom de la raison d'Etat.

 

 

 

 

A un siècle d'écart, on pourrait être tenté de conjuguer cette affaire au présent. «Peut-on souhaiter à un pays des serviteurs de l'Etat atones ?», interrogent les premières pages de la biographie (également chez Dalloz). «Des fonctionnaires paralysés par la peur de déplaire, par la crainte de perdre leur place, des fonctionnaires intimidés par les pouvoirs et tout autant par l'atmosphère de la société qui les dépeint comme des privilégiés conservateurs et corporatistes ?»

 

Le colonel Picquart, incarnation d'un certain sens de l'Etat : «Pour remplir la mission que la loi leur a confiée, les agents publics doivent pourtant savoir exercer leur indépendance d'esprit qui n'est nullement inconciliable avec l'obéissance hiérarchique. Mais celle-ci peut et doit s'accommoder du devoir de vérité contre les effets d'annonce et l'obsession du court terme, les statistiques trop compréhensives, les nominations suggérées et les non-dits de campagne.»...

 

De cette inquiétude qui parcourt la fonction publique, la revue des anciens élèves de l'Ena (L'Ena hors les murs, janvier-février 2009) a donné une indication barométrique en rendant compte de la biographie sur Georges Picquart: «Un jour ou l'autre en effet, le fonctionnaire civil ou militaire, le magistrat, l'inspecteur ou l'agent public se retrouve devant un choix pour lui et pour l'institution qu'il représente. L'histoire récente nous donne maints exemples de cette "nécessité du choix". Ou encore, dans la Revue administrative : «En creux, c'est le portrait de ce que doit être un grand serviteur de l'Etat qui est dessiné-là par un conseiller d'Etat qui croit en certaines valeurs républicaines.»...

 

Le même conseiller d'Etat avait précisé le propos, en décembre 2008, dans la série des Mélanges Dalloz. «Le silence a toujours un prix. Le droit de se taire cohabite avec le devoir de parler et la peur de dire. En certaines occasions, le courage et la dignité consistent à ne pas se taire.» Et, risquant une comparaison historique au nom des traditions républicaines: «Si le lieutenant-colonel Picquart s'était tu en 1896, l'affaire Dreyfus n'aurait probablement pas évolué comme l'on sait. Si une administration s'apprête, dans la complicité générale, à passer un marché public avec un proche de sa direction, la légalité et la déontologie du fonctionnaire consistent à s'opposer à cette dérive. Si une banque méconnaît son obligation de mise en garde à l'égard d'emprunteurs non avertis, c'est toute la société qui en pâtit. Si la directrice de crèche, en voyant arriver le lundi un enfant portant les signes de coups ou de maltraitance, se tait, elle manque de professionnalisme et encourt des sanctions pénales.»

 

Pour terminer sur une note militaire, on opposera deux dernières citations. «J'efface du tableau d'avancement tout officier dont j'ai lu le nom sur la couverture d'un livre», avertissait le maréchal de Mac-Mahon, troisième président de la République française (1873-1879). «Quand j'entends les talons qui claquent, je vois les cerveaux qui se ferment», avançait, pour sa part, le maréchal Lyautey. 

 
Par médiapart - Publié dans : fonction publique - Communauté : Les blogs socialistes
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Mardi 7 juillet 2009

Pour des états généraux de la gauche

A la suite du forum de Gauche Avenir sur l'état de la gauche, qui s'est tenu le 2 juillet à l'Assemblée nationale, Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès ont lancé un appel à Martine Aubry, Jean-Michel Baylet, Marie-George Buffet, Jean-Pierre Chevènement, Cécile Duflot, Jean Luc Mélenchon pour un rassemblement des partis de gauche et de l'écologie, mais aussi les associations, les clubs, les mouvements, voire les syndicats. <--break->                                                                                                        

Notre club, Gauche Avenir, créé en mai 2007, réunit des personnalités et des militants politiques, syndicaux, associatifs, issus des différentes sensibilités de la gauche. Il s'est fixé comme objectif  d'œuvrer à son rassemblement, en s'efforçant notamment de l'aider à reprendre l'offensive idéologique.

 

Nous nous adressons à vous aujourd'hui, parce qu'à trois ans de la future élection présidentielle, le temps nous est compté pour réaliser le rassemblement des forces de gauche et écologistes, sur la base d'une charte commune, d'un programme de gouvernement et d'un accord législatif. Notre conviction  est que, en dehors de cette démarche, aucune victoire n'est possible en 2012.

 

 Le 2 Juillet dernier, nous avons organisé un Forum sur « l'état de la gauche », qui a réuni de nombreux participants autour de responsables des différents partis, d'intellectuels, d'animateurs d'associations et de mouvements sociaux. Au-delà des différences, tous ont soutenu l'idée de constituer immédiatement un comité national de rassemblement des forces de gauche, réunissant non seulement les partis de la gauche et de l'écologie, mais aussi les associations, les clubs, les mouvements, voire les syndicats, qui se situent à gauche.  

 

Chacun voit bien qu'un simple accord électoral de dernière heure ne suffirait pas à créer une dynamique victorieuse. Le projet et le contenu des engagements qui le scelleront ne sauraient être  préparés en cercle restreint. Ils doivent être le fruit d'un travail sérieux, de débats approfondis, d'une volonté de synthèses nouvelles autour des valeurs fondamentales de la gauche, qui, pour la plupart, demeurent d'une grande actualité. 

 

Ce comité national pourrait, à travers des Etats généraux de la gauche,  associer à des « primaires du projet » ces milliers de femmes et d'hommes de gauche qui, trop souvent, ne se reconnaissent plus  dans le paysage politique actuel.

 
 Ainsi pourrions-nous reconstruire la confiance, l'espoir et un mouvement d'engagement politique et citoyen. C'est de cette attente et  de cette proposition que nous  nous faisons ici les interprètes. 

 

 A l'occasion du forum de Gauche Avenir, nous avons commandé un sondage. Celui-ci montre que  59% des Français  pensent que la création d'un tel comité (qui serait chargé de mettre en place des Etats généraux de toutes les gauches (partis, associations, syndicats, cercles de réflexion, en vue de s’entendre sur un programme commun et de choisir un candidat unique de la gauche) est une action qui va dans le bon sens. Ce score atteint près de 70% pour les électeurs de gauche et des Verts. 

 

 Nous pensons, avec celles et ceux qui ont participé à notre forum, qu'il vous revient de prendre une initiative forte et unitaire en ce sens et nous espérons vivement que vous accepterez de vous y engager rapidement.

Par médiapart - Publié dans : La Gauche - Communauté : Les blogs socialistes
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Lundi 6 juillet 2009

Gauche : appel à un "pacte unitaire de progrès"

Jugeant que "la gauche est dans l'impasse", vingts personnalités de gauche appellent à un "rassemblement sans délai" au-delà des partis politiques.


Robert Hue à l'origine de "l'appel pour un pacte unitaire de progrès". (AFP)

Robert Hue à l'origine de "l'appel pour un pacte unitaire de progrès". (AFP)

Vingt personnalités de gauche, dont l'ancien secrétaire national du PCF Robert Hue qui en est à l'origine, ont lancé un "appel pour un pacte unitaire de progrès" au-delà des partis politiques, à paraître ce lundi 6 juillet dans le Monde daté de mardi. "Nous appelons au rassemblement sans délai de toutes celles et de tous ceux qui estiment urgent de se retrouver dans une démarche unitaire, en pleine autonomie, au-delà des appareils politiques, non pas contre eux mais en rejetant toute hégémonie", écrivent les signataires de l'appel.

"La gauche est dans l'impasse"


Ils souhaitent "la création partout en France d'espaces de dialogue, d'organisation et d'action" : "tous ensemble, nous nous donnerons comme premier objectif l'élaboration d'un pacte unitaire de progrès", "une charte reposant sur les principes que nous définirons collectivement, pour une société progressiste plus juste et plus humaine". Estimant que "la gauche est dans l'impasse", "victime de ses divisions, de clivages dépassés, prisonnière de discours et cultures hérités des siècles passés" qui font "le désespoir du peuple de gauche", ils considèrent qu'"aucun parti ne peut prétendre, à lui tout seul, être la force propulsive du progressisme nouveau, et de la dynamique unitaire".


Peillon, Rebsamen, Dray...


"Dans tous les partis de gauche et au-delà demeure un capital militant, un potentiel de générosité et d'intelligence citoyenne qui représente une formidable chance de renouveau. Et à côté des partis, dans les associations, les collectifs, dans la société civile, des millions de femmes et d'hommes cherchent, de leur côté, un espace politique solidaire, efficace et durable, où s'investir pour le changement", affirme l'appel.
Outre Robert Hue, les vingt premiers signataires sont les socialistes Vincent Peillon, François Rebsamen, Aurélie Filipetti, Julien Dray, ainsi que Pascal Cherki ou Jean-Pierre Bel, le sénateur communiste Ivan Renar, Sylvia Pinel (PRG), Jean-Luc Laurent (MRC) ou encore le philosophe Bernard Vasseur.

Par le nouvel obs - Publié dans : La Gauche - Communauté : Les blogs socialistes
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Dimanche 5 juillet 2009
Retour à Versailles, par François Hollande


En s'adressant devant les parlementaires réunis en Congrès, le chef de l'Etat confirme la dérive présidentialiste de la Ve République.

L'intervention du président de la République devant le Congrès à Versailles est l'aboutissement de la démarche engagée par Nicolas Sarkozy dès son élection destinée à lui permettre de prendre la parole là où, avant lui, aucun chef d'Etat n'avait été autorisé à le faire. La révision constitutionnelle, votée si difficilement en juillet 2008, n'avait pas d'autre objet que de lui offrir cette faculté.

J'ai contesté cette prétention et donc cette procédure. Ce fut la raison de mon opposition à cette réforme, dont le réhaussement supposé des moyens du Parlement n'était qu'un argument de circonstance, dénué d'ailleurs de toute réalité douze mois plus tard. Mais, je veux montrer, par ma présence, le respect que je porte aux institutions, même si j'en déplore les dérives.

Voilà pourquoi les socialistes ont eu raison de décider de participer à cette séance exceptionnelle du Congrès, la première du genre. Voilà pourquoi ils entendront le Président évoquer, selon son bon plaisir, les sujets de son choix. C'est la lettre de notre Constitution. Elle est notre loi commune.

Mais ils ont eu également raison de ne pas prendre part au débat qui suivra. Il tient davantage du simulacre politique que du dialogue républicain, puisqu'il se déroulera en l'absence du Chef de l'Etat, face à un Premier ministre muet, bien loin des feux médiatiques brutalement éteints après le départ de Nicolas Sarkozy. Et que dire des conditions inadmissibles prévues pour la réplique d'à peine 10 minutes pour solde de tout compte! Dans quel genre de démocratie l'opposition est-elle ainsi traitée?

L'intervention du Président est donc une «adresse» et non un échange. Nous sommes loin du discours sur l'état de l'union. De ce point de vue, c'est moins le modèle américain qui est promu que le «retour à Versailles» qui est organisé. Cette résurgence du discours du trône n'est pas seulement symbolique. Elle n'est pas une foucade, un caprice ou une convenance personnelle. Elle est une rupture institutionnelle.

Avec cette disposition, l'effacement du Premier ministre devient une relégation constitutionnelle. A quoi servira au Chef du gouvernement de faire désormais une déclaration de politique générale, dès lors que le Président aura tracé les grandes lignes de son action devant le Congrès. Certes, il reste bien la motion de censure. Mais le Chef du gouvernement est devenu un prête-nom!

La France est la seule démocratie où son chef de l'Exécutif peut s'adresser à une assemblée dont il peut décider à tout moment la dissolution, sans que celle-ci puisse mettre en cause sa responsabilité. Ce régime a un nom. C'est le «présidentialisme»: celui où le Président est tout et où tout procède de lui et sans qu'un contre-pouvoir ne lui serve de limite. Rien à voir avec le régime présidentiel, comme aux Etats-Unis, où le Président et le Parlement constituent deux légitimités aux compétences clairement identifiées et dont aucune n'a prise sur l'autre. Dans le régime présidentialiste, le pouvoir est unique; dans le régime présidentiel, il est équilibré et partagé.

C'est l'étape ultime de la Ve République. Commencée dans la fiction d'un régime parlementaire rationalisé, avec un chef de l'Etat élu par un collège de notables, poursuivie par la consécration du Président avec une autorité puisée à la source du suffrage universel direct et perpétuée par l'affaiblissement du Parlement — hors période de cohabitation, la Ve République connaît une nouvelle mutation, ou plutôt une consécration. Ceux qui avaient annoncé la VIe République constateront, à leurs dépens, que sans changer de numéro, la Ve aura après 50 ans de vie tumultueuse basculé du côté où elle penchait le plus.
 Elle a abaissé le Parlement, effacé le Premier ministre, occulté les ministres, réduit les corps intermédiaires, diminué l'indépendance des autorités de contrôle, asphyxié les collectivités locales. Pour ne laisser qu'à un seul pouvoir tout le pouvoir.

Le roi est mort. Vive le Chef!

François Hollande


Par f Hollande - Publié dans : SARKOLAND - Communauté : Les blogs socialistes
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Dimanche 5 juillet 2009

«Le nom de Sarkozy provoque un pénible désir d’injure»

Professeur à l’université Panthéon-Assas, membre senior de l’Institut universitaire de France, Stéphane Rials a publié Oppressions et résistances (PUF, 2008). Pour Libération, il analyse la multiplication des poursuites pour «offenses au chef de l’Etat»,«outrages à fonctionnaires», voire «bruits et tapages injurieux».

N’est-il pas inquiétant de voir un citoyen poursuivi parce qu’il a crié dans une gare «Sarkozy, je te vois» ?

Notre société pénalise trop l’écrit et la parole. Elle fait feu de tout bois, jusqu’à recourir, dans le cas présent, même s’il y a relaxe, à une technique répressive inusuelle sanctionnant les «bruits et tapages injurieux» (art. R 623-2 du code pénal). Une communauté politique ne peut pas laisser tout dire. Elle peut choisir d’être plus restrictive lorsque le chef de l’Etat est visé. C’est au nom du sacré de la «majesté» qu’est né le délit d’offense envers le président de la République, institué par la loi de 1881 sur… la liberté de la presse, et utilisé par Nicolas Sarkozy dans l’étrange affaire du «Casse-toi…». Le juriste doit concilier des perspectives estimables. Mais dans une société de libertés, la liberté d’expression est éminente ; elle doit être défendue contre les puissances publiques et privées, les conformismes, la dilatation exagérée du sacré. C’est un élément d’équilibre, une garantie, un signe des institutions libérales.
La pénalisation croissante prend aussi la forme du délit d’outrage.

Il n’est pas absurde de défendre fonctionnaires et magistrats contre ce que l’article 433-5 du code pénal appelle «outrage» - l’outrage s’ajoute à deux délits envisagés de façon libérale, l’injure et la diffamation, visés eux aussi par la loi de 1881. Mais, du fait de certains aspects de ce délit, on va trop loin aujourd’hui avec 15 000 condamnations annuelles dont 3 000 assorties de peines de prison !

Comment comprendre la stratégie de Nicolas Sarkozy ?

Son comportement est plus révélateur de choses préoccupantes que réellement inquiétant en lui-même, même s’il n’est pas très… élégant - je pèse mes mots, vous le comprendrez. Comme l’écrivait l’avocat creusois Dareau au XVIIIe siècle, dans son Traité des injures,«il est digne de la majesté du Trône qu’on ne remarque pas» certains propos de peu d’importance… Au fond, avec ce prurit judiciaire, le «Trône» menace moins qu’il ne fait sourire.

Se distingue-t-il de ses prédécesseurs ?

La période gaullienne a été plus dure, avec environ 300 recours au délit d’offense et 130 condamnations. C’est que la définition de l’offense par la Cour de cassation est extensive. Il a fallu la volonté libérale de Pompidou et surtout de Valéry Giscard d’Estaing pour que tout change. Mais Giscard a payé sa largeur de vue - que l’on se rappelle l’injuste affaire des diamants ! D’un autre côté, la comparaison avec Mitterrand n’est pas, à cette heure, en défaveur de l’actuel président. Le recours trop systématique au juge vaut mieux que les Irlandais [de Vincennes, ndlr], le Rainbow Warrior, les écoutes, l’enlèvement, peut-être, pour le ridiculiser, du malheureux Jean-Edern Hallier…

S’agit-il alors pour lui d’illustrer le thème du retour à l’autorité ?

Le discours de la rupture s’accompagne chez le chef de l’Etat de comportements de rupture qui illustrent la crise du «respect» qu’il entend dénoncer. Le style présidentiel fait système avec l’époque : il y a quelque chose de circulaire dans l’irrespect et dans la brutalité de la lutte contre l’irrespect. Ce dont Sarkozy est le nom, il serait sage de s’en aviser, c’est de l’époque dans la plupart de ses aspects. Il réussit parce qu’il nous ressemble. Il a créé en particulier des souffrances, en affichant son mépris pour la littérature, les humanités, les chercheurs, etc. Il a aussi offensé les syndicalistes par son inutile ironie. L’effet de ces banderilles, c’est que l’on croise souvent désormais des gens raisonnables qui «disjonctent», comme on dit, dès que le nom de Sarkozy est prononcé. Il provoque chez beaucoup un pénible désir d’injure qui doit bien s’inscrire dans l’ensemble que domine sa façon de faire et de parler de la politique.

Le sarkozysme est-il un autoritarisme ?

Le sarkozysme accompagne une forme de révolution sociale, politique, culturelle qui rappelle, sous certains aspects, celle marquée par Andrew Jackson lors de son élection comme président des Etats-Unis en 1829. Jackson voulait en finir avec l’aristocratie à l’américaine. Sarkozy veut en finir avec plusieurs traits de l’exception française, notamment les restes d’un certain aristocratisme républicain qui trouve le marché vulgaire et lui préfère le service public et la véritable culture. Il veut abaisser l’élite des grands commis - la suppression du classement de l’ENA est une affaire importante. Il veut abolir le déclinant «pouvoir spirituel» des intellectuels. Il y a une dimension personnelle de cette entreprise. Mais le fond importe plus que la passion. Ce que veut le chef de l’Etat, quoi qu’on nous dise après le supposé «recentrage» de Versailles, c’est une économie globalement libérée du politique, étendue certes à l’écologie marchande, c’est aussi une politique rendue aux politiciens, avec promesse d’un système des «dépouilles» à l’américaine. Dans ce monde, la place des bons serviteurs de l’Etat ou de l’esprit sera étroite… Or ce combat n’est pas impopulaire. Comme Jackson, Sarkozy fait figure d’«ami de l’homme commun».

Un populisme autoritaire, alors ?

Oui, qui témoigne d’un irrespect particulier pour les formes parlementaires. Qui a besoin de taper sec, de faire un peu peur, de brouiller les cartes, de souligner la corruptibilité des hommes, de capter superficiellement les codes et les mots des autres, d’amuser la galerie (des Glaces…). Il fait tout cela. La lutte des classes, même lorsqu’il s’agit surtout de classes «supérieures» ou «moyennes supérieures», n’est jamais une partie de plaisir, et elle s’accompagne toujours d’un rideau de fumée !

Par libé - Publié dans : SARKOLAND - Communauté : Les blogs socialistes
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Vendredi 3 juillet 2009

Affaire Karachi: Edouard Balladur est directement impliqué

Il a été l'un des principaux intermédiaires payés par la France dans le cadre de plusieurs grands contrats d'armement internationaux, dont le contrat avec le Pakistan susceptible d'être à l'origine de l'attentat de Karachi. Abdulrahman El-Assir est suspecté de longue date par les services secrets français de se livrer à des activités illégales (blanchiment, trafic de drogue et d'armes...), mais aussi d'entretenir des «relations financières» avec l'ancien premier ministre Edouard Balladur, selon des informations recueillies par Mediapart.

 

Ces éléments sont notamment confortés par des notes de la Direction générale des services extérieurs (DGSE), un rapport secret d'un ancien agent de la Direction de la surveillance du territoire (DST), Claude Thévenet, et par le témoignage de l'ancien directeur financier de la Direction des constructions navales (DCN). Ce dernier, Gérard-Philippe Menayas, a confirmé devant la justice la proximité du réseau El-Assir avec l'ancien chef du gouvernement français.

 

 

Le libanais Abdulrahman Salaheddine El-Assir, né le 26 avril 1950, se trouve aujourd'hui au cœur de l'instruction du juge antiterroriste Marc Trévidic, en charge de l'enquête sur l'attentat de Karachi qui a tué onze Français employés de la DCN le 8 mai 2002. Selon le magistrat, le mobile de l'attentat, longtemps attribué à la mouvance Al-Qaida, serait lié, en réalité, à un règlement de comptes entre l'Etat pakistanais et la France, sur fond de non-versement de commissions en marge de la vente de trois sous-marins Agosta en 1994.

 

 

Le juge considère désormais cette piste «cruellement logique», comme il l'a confié le 18 juin dernier aux familles des victimes réunies à Cherbourg.

 

La vente des sous-marins de la DCN au Pakistan avait été conclue en septembre 1994 par le gouvernement d'Edouard Balladur pour un montant de 850 millions d'euros. Abdulrahman El-Assir fut, avec un autre homme d'affaires libanais Ziad Takieddine, l'un des intermédiaires chargés par l'Etat français de mener à bien le contrat avec les autorités pakistanaises de l'époque, dont ils étaient très proches.

 

MM.Takieddine et El-Assir avaient également été missionnés par la France, à la même période, pour conclure un contrat de vente de deux frégates de la DCN avec l'Arabie saoudite. L'opération, estimée à 2,9 milliards d'euros, avait été baptisée Sawari II.

 

Dans les deux cas, les commissions qui devaient être versées aux intermédiaires (120 millions d'euros au total) ont été suspendues, dans les années 1995-1996, par le nouveau président de la République française, Jacques Chirac. Ce dernier aurait été persuadé qu'une partie des fonds versés par l'Etat français avaient été destinés à financer en retour Edouard Balladur, son rival dans la course présidentielle, via les fameuses "rétro-commissions". Le directeur de campagne d'Edouard Balladur était alors son ministre du budget de 1993 à 1995: Nicolas Sarkozy.

«En relations avec des réseaux criminels»...

 

Abdulrahman El-Assir attire l'attention de la Direction générale des services extérieurs (DGSE, les services secrets) depuis plusieurs années, selon des informations recueillies ces dernières semaines par Mediapart, mais aussi d'après un ancien agent secret travaillant pour la DCN au moment de l'attentat de Karachi.

 

 

Cet homme, Claude Thévenet, ex-policier de la Direction de la surveillance du territoire (DST), fut chargé par la DCN de mener une mission de renseignements baptisée "Nautilus" et vouée à mettre au jour les mobiles cachés de l'attentat de Karachi, comme il l'a déjà raconté à Mediapart. Selon lui, M. El-Assir (photo) «était en relations avec des réseaux criminels» et «les services de sécurité français le savaient depuis le courant de l'année 1991», comme il l'a écrit dans un rapport du 7 novembre 2002 adressé à la direction de la DCN dont Mediapart a pu prendre connaissance.

 

 

Pour appuyer ses dires, l'ex-espion, dont les révélations sont aujourd'hui prises très au sérieux par la justice, malgré sa mise en cause dans un dossier financier, évoque dans sa note de novembre 2002 «une fiche de personnalité émanant de la DGSE datée du 21 octobre 1996 [qui présente] l'essentiel des activités» de M. El-Assir. «Outre les éléments d'identité et de biographie (noter l'existence d'un passeport marocain, libanais, et surtout d'un passeport diplomatique somalien), cette source [la fiche de la DGSE] mentionne diverses interventions de l'intéressé pour le compte de Dassault (l'industriel historiquement le mieux placé au Pakistan, au moment des négocations pour l'Agosta 90B)», rapporte Claude Thévenet.

 

Il poursuit: «Nous relevons qu'en 1987, El-Assir, administrateur d'une société dénommée Commerce extérieur, est suspecté d'abriter des activités criminelles, en particulier des ventes d'armes et de drogue. Il agirait dans ce cadre en relation avec son frère, Mohamed Rabih El-Assir. Nous relevons qu'en 1991, le poste de la CIA de Rabat l'a soupçonné de se livrer à des blanchiments de capitaux.»

 

 

Son rapport, qui suit un précédent de septembre 2002 à l'origine du revirement de l'instruction de Marc Trévidic, évoque également «une fiche de la DGSE portant le chiffre 1 en sous impression et rédigée à la même période (ce marquage signifie que la fiche était seulement destinée au directeur général du service). Celle-ci porte sur les relations financières développées entre El-Assir et Balladur», précise M. Thévenet, qui ajoute: «Il ne nous a pas été possible de prendre connaissance du contenu complet de ce document.» Peut-être le juge Trévidic le pourra-t-il s'il obtient la déclassification de ces notes pour les besoins de son instruction?

 

 

Car l'existence d'une telle documentation des services secrets français sur les activités d'Abdulrahman El-Assir et de ses liens étroits avec l'ancien premier ministre français ont été confirmés à Mediapart par plusieurs sources, dont un ancien membre de la DGSE.

 

Des intermédiaires «imposés par le pouvoir politique»

 

A en croire le rapport de Claude Thévenet de novembre 2002, un homme d'affaires pakistanais, Amir Lodhi, a par ailleurs été identifié comme étant le «coordinateur des opérations de rétro-commissions entre la France et le Pakistan». Amir Lodhi travaillait notamment avec l'amiral pakistanais Mansurul Haq, condamné pour corruption dans le cadre de la vente des sous-marins Agosta par la France...

 

 

 

 

«Le schéma sommaire de distribution qui a prévalu semblait le suivant: Amir Lodhi était responsable des rémunérations occultes des décideurs politiques, tandis que l'amiral Mansurul Haq prenait en charge les versements pour l'armée et les services de soutien aux guérillas islamistes de l'ISI (les services secrets pakistanais)», poursuit l'enquêteur.

 

Toujours selon Claude Thévenet, «les distributions opérées par Amir Lodhi s'effectuaient selon un ordre établi par Asif Ali Zardari», mari de Benazir Bhutto, premier ministre du Pakistan à l'époque de la vente des sous-marins de la DCN. M. Zardari est aujourd'hui président du Pakistan. C'est aussi un intime d'Abdulrahman El-Assir.

 

Un ancien haut dirigeant de la DCN, le directeur financier Gérard-Philippe Menayas, a pour sa part confirmé, le 14 mai dernier, dans le bureau du juge Trévidic, l'étroitesse des liens unissant ce même El-Assir et le gouvernement Balladur: «Il est parfaitement exact que Ziad Takieddine a été imposé à la DCNI [société de commercialisation de la DCN, ndlr] par le pouvoir politique ainsi qu'Abdulrahman El-Assir. Quand je parle de pouvoir politique, c'est le ministre de la défense [François Léotard] ou son cabinet. Je sais que El-Assir et Ziad voulaient intervenir dans les contrats saoudiens mais, en 1996, ils ont été écartés par le nouveau gouvernement, étant donné leur proximité avec l'ancien.»

 

Gérard-Philippe Menayas a évoqué par ailleurs dans le cabinet du magistrat le rôle qu'aurait joué l'ancien ministre de la culture Renaud Donnedieu de Vabres, qui était entre 1993 et 1995 chargé de mission auprès de François Léotard au ministère de la défense. «C'est Donnedieu de Vabres qui a présenté El-Assir à Emmanuel Aris et Dominique Castellan» (deux dirigeants de DCN), a indiqué M. Menayas sur procès-verbal. Il a présenté M. Aris comme « responsable de la gestion des agents d'influence» (à la DCN), celui qui « négociait avec les agents, préparait les contrats».

 

C'est ce qu'avançait Claude Thévenet dans un rapport du 11 septembre 2002, rédigé dans le cadre de sa mission "Nautilus" : «En France, le réseau El-Assir a eu pour principale fonction d'assurer le financement de la campagne d'Edouard Balladur (c'est Renaud Donnedieu de Vabres qui a présenté Abdul Raham El-Assir à Emmanuel Aris)», écrivait ainsi M. Thévenet.

 

Fruit d'un travail de renseignement aux sources multiples (contacts diplomatiques au Pakistan, enquêteurs des Nations unies, agents des services secrets britanniques et français, membres du Foreign Office...), "Nautilus" arrivait in fine à la conclusion que «l'attentat de Karachi a été réalisé grâce à des complicités au sein de l'armée [pakistanaise] et au sein des bureaux de soutien aux guérillas islamistes de l'ISI».

 

Selon son auteur, «les personnalités militaires ayant instrumentalisé le groupe islamiste qui a mené à bien l'action poursuivaient un but financier [...] Il s'agissait d'obtenir le versement de commissions non honorées». Une piste jusqu'alors ignorée par la justice, qui en avait pourtant été informée dès le début, comme l'a révélé Libération le 25 juin.

Par médiapart - Publié dans : International - Communauté : Les blogs socialistes
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Mercredi 1 juillet 2009

Retraites: vers une réforme à coup de points?

Les parlementaires de l'UMP ont des idées. Pourquoi ne pas passer de la retraite par annuités à un système par points ? Comme la Suède, ou le Chili ? Ils ont donc demandé au Conseil d'orientaiton des retraites (COR) d'examiner l'impact d'une telle réforme. 40 % des assurés partant à la retraite en 2050 auraient une pension plus faible dans le régime à points.

(photo: Frederic Humbert - Flickr - cc)
(photo: Frederic Humbert )
Le 4 juin 2009, nous avons publié un article sur l'avenir des retraites vu par l'institut Montaigne : « L'avenir des retraites en France vu par ... l'Institut Montaigne »

Dans cet article, nous vous faisions part du fait que ce Think tank (économiquement très libéral) venait de publier les travaux d'un « mathématicien devenu économiste » : Jacques Bichot.

Extrait :

Nul n'ignore que depuis le début de la crise financière, beaucoup de retraités américains (régime par capitalisation) sont en grande difficulté. Et pour cause, le montant de leur pension est lié aux performances des marchés financiers. Pour ceux qui ont suivi l'affaire ENRON qui a précédé de quelques années la crise, ils ont pu constater qu'une faillite pouvait priver totalement de retraite des gens qui ont économisé pendant toute leur vie de travail.

Fort de tous ces éléments, que propose l'Institut Montaigne au travers d'une publication de Jacques Bichot, mathématicien devenu économiste comme l'indique la courte biographie de fin du résumé de la publication ?

« Inéquitable, complexe, morcelé, chroniquement déficitaire, le système de retraite français souffre depuis longtemps de nombreux maux. Une remise à plat et une restructuration en profondeur, autrement dit un « big-bang », sont nécessaires pour y remédier. Dans quel sens et suivant quelle méthode ?

L’examen des réalisations à l'étranger permet de mieux répondre à cette question. Des pays aussi différents que l’Allemagne, la Suède, l’Italie ou le Chili se sont emparés du sujet avec détermination. Autant de cas dont la France pourrait s’inspirer afin de mettre en œuvre « la » réforme tant attendue. »

Réforme des retraites : vers un big-bang ?

Dans cette nouvelle étude publiée par l’Institut Montaigne, Jacques Bichot s'appuie sur ses expériences pour formuler six principes directeurs propres à inspirer une profonde réforme des retraites, adaptée à notre pays. Parmi ceux-ci figurent l’instauration d’un système franchement contributif et l’adoption d’un fonctionnement « à cotisations définies ».

L'auteur :
Jacques Bichot est un mathématicien devenu économiste. Professeur des Universités, il enseigne à l'Institut d'administration des entreprises de l'Université Jean Moulin (Lyon 3). Ses spécialités sont l'organisation monétaire et financière de la vie en société, et la protection sociale. Il a rédigé le chapitre « retraites » de l'ouvrage collectif dirigé par Claude Bébéar, Le courage de réformer (Odile Jacob, 2002) ainsi que la note Comment financer la protection sociale (Institut Montaigne, mai 2006).

Dans la conclusion, nous écrivions : 
« Il ne fait aucun doute que plusieurs députés et sénateurs se feront dans les mois qui viennent l'écho de ce document et le brandiront bien haut en nous expliquant qu'il s'agit d'une étude particulièrement documentée ... »

Nous ne pouvions pas savoir à la date où nous avons publié cet article que Monsieur Bichot récidiverait et publierait un texte complémentaire, le 23 juin 2009, sur le site de La Tribune« Six principes pour réformer les retraites en France »

Extraits

.. / ... « Peut-on remplacer la formule des annuités par un recours aux points, comme à l'Arrco et à l'Agirc, ou aux comptes notionnels, comme en Suède ? » ... / ... « Si l'on prend le temps et les moyens de préparer correctement une telle réforme, et si l'on a le courage de la mettre en œuvre sans la dénaturer sous la pression des lobbies, elle sera un atout précieux pour consolider notre système de protection sociale, dans une conjoncture démographique moins favorable et dans un contexte économique mondial délicat, sans augmenter les prélèvements obligatoires ni laisser enfler indéfiniment la dette publique ».

... / ... Un travail analogue était en cours à l'Institut Montaigne depuis quelques mois. Il a récemment débouché sur une « note » publiée par ce think tank, s'appuyant sur une étude détaillée de quatre cas étrangers : le système allemand, le « big bang » suédois de 1998, la réforme italienne, enfin le passage au régime par capitalisation au Chili ... / ...

Vous noterez, au passage, « l'humour » de Monsieur Bichot pour qui, le terme lobby ne peut être associé aux activités de l'Institut Montaigne !

Comme nous le suggérions le 4 juin, les députés de la majorité ont décidé de s'emparer de ce rapport.

Ainsi, on peut lire dans le journal Les Echos du 30 juin 2009 : « A la demande des parlementaires de la majorité, le Conseil d'orientation des retraites (COR) entame demain l'examen d'un sujet hautement sensible. L'organe de concertation va examiner l'impact d'une réforme d'envergure du système de retraite, qui le ferait passer du régime actuel, en annuités cotisées, vers un régime par points. Le rapport qu'il publiera d'ici au 27 janvier sera l'une des bases du débat qui va s'ouvrir sur la réforme annoncée la semaine dernière par Nicolas Sarkozy pour la mi-2010  »... / ...

... / ... « le passage à un régime par points ferait beaucoup de gagnants et de perdants, même sur la base d'une réforme neutre financièrement. Enfin, la réforme ne pourrait concerner, dans un premier temps au moins, que le régime de base des salariés du privé, géré par la CNAV, avant d'être étendu à la fonction publique et aux régimes spéciaux. »- Source Les Echos

... / ... Le système de retraite par points est très différent du régime de base actuel pour les salariés du secteur privé, fondé sur les annuités. Dans un tel système, les cotisations apportent des points d'une certaine valeur, qui déterminent, au moment de la retraite, le montant des pensions. «  Il existe donc une relation directe entre le montant de la retraite et les cotisations versées », résume le Conseil d'orientation des retraites (COR). L'avantage d'un tel mécanisme est qu'il permet, en théorie, un pilotage plus souple.

Pour éviter un déficit, il suffit de baisser la valeur du point. Le montant de la pension n'est donc aucunement assuré. Autre différence clef : le système tient compte de la totalité des carrières - et non des 25 meilleures années comme dans le régime actuel. Toujours en théorie, il n'est pas besoin de fixer un âge légal de départ. En réalité, la quasi-totalité des régimes par points en vigueur dans d'autres pays reposent aussi sur une limite d'âge. Le pilotage peut ensuite être affiné : en Suède, au moment du départ, le montant de la pension est ajusté en tenant compte de l'espérance de vie.

Il est à noter que la notion d'espérance de vie ne fait pas partie du système français. Cette notion est purement assurantielle et s'oppose à l'idée de solidarité !

En ce qui concerne la valeur du point : Connaissant les finances de la France et de ses comptes sociaux, ainsi que les habitudes de nos élus et dirigeants, les Français ne se font aucune illusion sur le fait que la valeur du point sera la première variable d'ajustement ... à la baisse, en cas de nouveau problème financier !

Les simulations réalisées pour le COR montrent qu'une telle réforme provoquerait de profonds bouleversements, même en laissant inchangée la pension moyenne versée aux assurés (et donc le déficit). L'intérêt de l'exercice est donc de montrer l'impact sur les situations individuelles. L'immense majorité des futurs pensionnés (90 %) subiraient une modification du niveau de leur retraite : près de 40 % des assurés partant à la retraite en 2050 auraient une pension plus faible dans le régime à points, de 10 % en moyenne. ... / ... Les personnes qui ont eu des carrières longues seraient pénalisées (car on tiendrait compte de tous leurs salaires), surtout si elles avaient démarré avec de faibles rémunérations.

A l'inverse, ceux qui ont peu évolué, et qui ont un salaire plus modeste, seraient gagnants. Les femmes seraient défavorisées (41 % de gagnantes, 46 % de perdantes) : leur pension moyenne serait plus faible d'un peu moins de 1 % en 2050 .... / ... Et après, on verra ?

Nous ajouterons pour ceux qui en douteraient, que le patronat défend cette réforme ...

Où se cache le lobby de la retraite à points?

Mais, si l'on s'achemine vers ce système à points, dont la Suède est le modèle « idéal » selon Jacques Bichot, le gouvernement et sa majorité, il ne faut pas oublier que le système suédois intègre un autre paramètre qui pourrait faire l'immense bonheur des assureurs, (comme AXA, dont Claude BEBEAR fut le Président avant de présider ... l'Institut Montaigne)

Le modèle de retraite suédois intègre un pilier de capitalisation !

... / ... Les comptes financiers individuels par capitalisation : Les contributions pour le système par capitalisation (2,5 % des revenus) sont prélevées avec celles du système par répartition, et sont calculées sur la même base. Par l’intermédiaire du bureau national de la dette, l’argent est transféré annuellement au fonds de gestion. L’agence nationale installée pour gérer ce système de retraite par capitalisation, Premiepensions-myndigheten (PPM) reçoit cet argent et le distribue aux fonds qui ont été choisis par l’assuré. Les 5,1 millions de personnes concernées par le système de capitalisation alimentent ainsi en janvier tous les ans leur propre compte épargne individuel avec un plafonnement établi à 7500 couronnes suédoises par an (830 euros /an). Elles ont la possibilité de choisir librement chaque année 5 fonds/sicavs différents parmi les 600 fonds existants En moyenne, 450 euros sont placés pour chaque personne concernée, ce qui sur une base globale implique que le système de capitalisation est alimenté annuellement d’environ 20 milliards de couronnes suédoises (2,2 milliards d’euros). Ces chiffres valaient pour 2002. ... / ... À l’automne 2000, les Suédois ont dû choisir un fonds. 66 % d’entre eux ont répondu positivement, alors que ce pourcentage a progressivement diminué les années suivantes pour n’atteindre que le 8 % en 2003, ce qui signifie que l’essentiel des cotisations vont au fonds - AP/Forum Orange

Il ne faut pas non plus sous estimer la référence au « modèle » chilien vanté par Monsieur Bichot. En effet, il écrit dans son texte paru dans La Tribune« La réforme chilienne de 1980, enfin, instaurant la capitalisation en lieu et place de la répartition, a connu un certain succès. ( Quel homme providentiel ce Pinochet !!!!)

Cependant, celui-ci tint à des conditions particulières : des taux de croissance du PIB et de rendement des capitaux deux à trois fois supérieurs à ceux que l'on observe en Europe. Le passage intégral à un régime par capitalisation en Europe paraît donc impossible. Tout au plus peut-on viser à ce que les fonds de pension viennent compléter la répartition, et non la remplacer ».

Donc, dans les prochains mois, si vous entendez parler à nouveau de « fonds de pension à la française », complémentaires de la retraite par points, vous aurez vraiment compris ce que signifie le terme lobby ....

Nous reposons la même question que le 4 juin : « Vous laisserez-vous faire cette fois-ci ? »
Par marianne - Publié dans : Retraites - Communauté : Les blogs socialistes
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Mardi 9 juin 2009

La Social Démocratie bouge encore, par François Hollande

Les élections européennes ont donné leur verdict sur l'ensemble du continent: abstention élevée, victoire des droites, poussée des écologistes, maintien des populistes, recul des gauches et notamment de la sociale démocratie.

Certes les situations nationales ne sont pas comparables. En Grèce, au Danemark, en Suède, les socialistes ont le vent en poupe parce qu'ils sont dans l'opposition, alors qu'en Espagne, au Portugal et surtout en Grande Bretagne, ils l'ont en pleine face parce qu'ils sont au pouvoir. Mais comment expliquer alors qu'en France, en Allemagne et en Italie, ils ne tirent aucun avantage de la crise du capitalisme financier qui devrait en pure rationalité politique affaiblir les gouvernants, dont la responsabilité est en effet engagée et stimuler des mouvements dont les analyses sur les crises du libéralisme se trouvent rétrospectivement validées.

Aussi deux questions se posent bien au-delà de la France:

1.    Comment comprendre le paradoxe qui fait que les européens en plein désordre économique et financier donnent une large majorité à la droite pour la composition du Parlement de Strasbourg et confortent les gouvernements d'inspiration libérale à l'instant même où ce système démontre ses faiblesses globales comme ses dérives individuelles et où ses dysfonctionnements provoquent une hausse considérable du chômage et un déclassement social de nombreuses catégories jusque là préservées ?

La première raison tient à la capacité des droites à assumer un pragmatisme de circonstance pour se débarrasser à la hâte de ses oripeaux les plus embarrassants. Alors quand il s'agit de sauver les banques, qui se sont si mal conduites, d'appeler l'Etat à la rescousse d'actionnaires défaillants ou de creuser les déficits pour parer au plus pressé, les libéraux n'hésitent pas à piocher dans l'arsenal de leurs adversaires idéologiques. Non pas pour en rabattre ou pour abdiquer, mais pour concéder ce pas de côté juste le temps de traverser l'épreuve en utilisant l'argent du contribuable comme mutuelle d'assurance voire de SAMU pour capitalisme en danger.

La seconde raison relève des comportements des citoyens eux-mêmes qui considèrent qu'en période de désordre, mieux vaut l'autorité des puissants - eussent-ils tout toléré, tout encouragé que l'aventure des contestataires - eussent-ils donné tous les gages de bonne gestion.

Ajoutez l'instrumentalisation de la Turquie, de l'immigration ou de la concurrence des pays émergents - sans oublier la peur de l'impôt. Celui que l'on refuse aujourd'hui et que l'on prépare pour demain et l'affaire électorale est dans le sac ! Bref l'alliance de la fuite en avant et des arrières pensées.

Aussi, à court terme la crise avantage les droites. A moyen terme quand il faut remettre de l'ordre dans les finances et dans les esprits, il n'est pas sûr que l'austérité fasse bon ménage avec le creusement des inégalités.

2.  Faut-il signer le constat de décès de la social démocratie ?

Dans une élection avec plus de 60% d'abstention, mieux vaut se méfier des jugements sommaires en forme de jugements derniers. Mais il se trouve toujours des diafoirus de la politique pour diagnostiquer des mots cliniques après des secousses électorales. Les socialistes européens forment le second groupe du Parlement de Strasbourg avec près de 200 députés et voilà qu'ils seraient à l'article de la mort, un pied dans la fosse quand ce n'est pas déjà gisant glacé dans la tombe !

Que l'alerte soit sérieuse, c'est à n'en pas douter, qu'il soit social libéral comme en Grande Bretagne, social démocrate à l'ancienne comme en Allemagne, ou moderniste comme en Italie, sans oublier le socialisme à la française, mariage de la doctrine exigente et de la pratique accommodante Tous en ont pris pour leur grade. Faudrait-il en tirer une loi générale ?

Chaque déconvenue trouve nationalement son explication. Mais la coïncidence des échecs fait sens. La social démocratie n'assume nulle part son identité: la critique du marché, le réformisme comme instrument, une volonté de préserver les biens publics, le compromis social comme contribution à l'intérêt général, une stratégie de croissance solidaire, un système de prélèvements qui incite aux bons comportements et dissuade les prédateurs, un internationalisme qui n'oublie pas les nations, et surtout une unité dans l'action et dans la proposition à l'échelle du continent. Celle qui a manqué depuis trop d'années.

C'est en devenant eux-mêmes que les sociaux démocrates se renouvelleront et non en cherchant vainement à marcher dans les brisées de ses concurrents. Comme si ce serait en s'effaçant que l'on deviendrait seyant, comme si ce serait en disparaissant que l'on pourrait rester vivant.

François Hollande

 
Par f. Hollande - Publié dans : Parti Socialiste - Communauté : Les blogs socialistes
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Départ du Directeur de l'école

Départ du Directeur de l'Ecole de Musique

Vous me permettrez mes amis de vous exprimer un certain spleen. Nous étions quelques uns à nous être donnés rendez-vous ce jour, samedi 04 Juillet à 11 h 30 dans le parc de l’église de VAUGINES ; des élèves et professeurs de l’école de musique nous avaient invités à un petit divertissement musical en l’honneur du départ de monsieur DAHL qui quitte brutalement ses fonction de Directeur de l’école de musique de PERTUIS , Monsieur Roger PELLENC notre Maire peut se réjouir de ce résultat à la PYRRHUS sur la libre parole de cet homme qui a su faire partager son émotion, sa passion un art subtil (la musique et le chant). Cette petite audition s’est poursuivie dans différents lieux de ce beau village provençal ; dans la RUE HAUTE puis sur la place de la mairie, vous devinez qu’il y avait beaucoup d’émotion et une certaine nostalgie dans cette foule bigarrée aux couleurs de l’été. La petite fête s’est poursuivie par un pique-nique champêtre sous les tilleuls.

 


Pour ma par j’était triste :

 

Gérard PALLISER
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 Voici la lettre de démission du Directeur de l’École de Musique.


 Pellenc et sa clique doivent être contents, d’autant que paraît-il trois professeurs de l’École viennent de tourner casaque et rejoindre les asservis . Comment ces trois traitres vont-ils pouvoir se regarder dans leur miroir maintenant...!

 
Madame, Monsieur,

Ceux d'entre vous qui ont suivi nos dernières auditions ou concerts le savent déjà, mais je veux informer moi-même tous les autres de mon départ imminent.
En effet depuis 16 ans bientôt j'ai travaillé à la tête de ce conservatoire avec la volonté d'offrir l'exigence artistique la plus haute au plus grand nombre possible, que ce soit dans les moments d'enseignement ou dans les réalisations publiques. Je n'aurai pu le faire sans l'adhésion d'une équipe pédagogique dynamique et solidaire. Cette solidarité a résisté à bien des épreuves, mais pas à un certain nombre de manœuvres récentes.
Dans ces conditions il m'est apparu juste de me retirer .
Je vous remercie du soutien que vous nous avez apporté au fil de ces années, et j'espère sincèrement que des solutions seront trouvées pour permettre à vos enfants de s'épanouir à travers la musique.

Je vous salue chaleureusement
.

Daniel Dahl

 

  • Pour l’école de musique qui perd un ardant défenseur de ce partage d’une passion transmise dans nos écoles publiques

 

 

  • Pour les élèves orphelins d’un homme peut-être austère et sobre peut-être timide, mais il me semble disponible et à l’écoute de chacun.

 

 

  • Pour ses collègues qui voient partir d’une façon brutale la cheville ouvrière et l’animateur infatigable de cette structure qui rayonne hors les murs de notre citée.

 

 

  • Pour ma ville de PERTUIS, car l’école de musique phare culturel et qui fait partie des plus values et du choix de s’y installer

 

 

  • Pour les amis de cette école de musique qui semble déranger notre exécutif local par leur esprit d’indépendance et le refus à cette logique comptable qui veut que lorsque l’on est le premier contributeur on doit être le premier décideur ; sauf à considérer que la culture est un produit marchand comme un autre. Quel triste logique d’apothicaire, rigide sur ses deniers comme HARPAGON sur sa cassette, à 1 an de son accession à une retraite méritée, cet homme s’éloigne de nous pour une vulgaire conception culturelle qui privilégie les fêtes votives, mémorielles et pastorales dans la ruralité d’un autre siècle. Merci Monsieur PELLENC et votre adjointe à la culture Madame CONTE qui supprime dans la même logique le festival de l’ENCLOS.

 

OPPOSITION PERTUIS


RESUME SUR LES QUESTIONS / REPONSES DU GROUPE D’OPPOSITION  "ENSEMBLE POUR PERTUIS" AU CONSEIL MUNICIPAL.

CONSEIL MUNICIPAL DU 24 AVRIL 2009

Il faut expliquer ce retard de communication , par le fait que le Maire de Pertuis a interdit à son secrétariat de ne plus envoyer, les questions/réponses du groupe Socialiste , afin que celles-ci ne figurent pas à la Une du blog du Parti Socialiste , au lendemain de chaque conseil municipal !!!

 

Bonjour la DEMOCRATIE !!!

 

Extrait de quelques questions / réponses :

  

  • Comment expliquez-vous le départ de plusieurs cadres et agents territoriaux municipaux ?

 Réponse du Maire de Pertuis :

 " Il est normal qu’ après les élections municipales et compte tenu des ouvertures de postes liées au changement des municipalités , le mouvement des agents s’ amplifie .

Il s’ agit très souvent d’ évolution dans les carrières ou de rapprochement d’habitation ou de conjoint .La commune de Pertuis a un turn over faible ".

Commentaire :

Le  " Turn Over " que connaît la Mairie de Pertuis est sans précédent ; il est lié au climat social désastreux qui règne au sein de la Mairie , après l’arrivée de la nouvelle équipe municipale !!!

  

  • Des salariés de la SA Pellenc interviennent dans le fonctionnement de certains services municipaux, aussi bien dans les domaines techniques , informatique ou autres, ceci au vu et au su de nombreux agents communaux .
  •  

  • Nous souhaitons savoir qui leur demande ou qui les envoie intervenir dans les services communaux ?
  •  

  • Savoir également , quelle autorité ils ont à accéder à des logiciels informatiques publics contenant des données confidentielles d’ ordre juridiques fiscales et privées ?

 

Réponse du Maire de Pertuis:

 

" Une fois de plus vous mettez en cause les élus municipaux .

Je vous rappelle que Mr. D., notre collègue élu, ingénieur chez la SA pellenc est délégué à l’Informatique .

Je me félicite , en outre, des services gratuits rendus par la SA pellenc, qui n’ a aucun intérêt dans la commune, pour l’apport de ses conseils, le prêt de matériel pour les essais de vidéosurveillance, la réparation du réservoir hydraulique de la balayeuse dessoudée ou la mise à disposition de ralentisseurs normalisés .

Il faut être mesquin et suspicieux pour faire des procès d’ intention aux élus qui se mettent en quatre pour la commune avec une éthique des plus respectable " .

 Commentaire :

L’objet de la question n’ est pas de mettre en cause la respectabilité des élus, ou le travail de Mr. D., puisque ce n’est pas lui qui copie certains fichiers , mais d’ autres personnes non élues et étrangères aux services municipaux.

Mais , c’est le comportement du Maire de Pertuis / Président de la SA Pellenc qui mélange public/privé , ce qui est bien démontré dans sa réponse . Il bafoue , ainsi, la réglementation stricte de fonctionnement des services publics !

Cette intrusion illégale d’ un établissement privé , sans marché , dans le domaine public est anormale .

Elle m’est également, en cause les compétences du personnel communal, puisque le Maire/Pédégé fait appel aux agents de son entreprise, plutôt qu’à des agents communaux, pour certaines tâches.

A qui , le maire de Pertuis a -t-il le plus confiance ???

 Au fait , les ralentisseurs utilisés ne sont pas aux normes légales de sécurité !!!
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CREATION D’UN COMPLEXE TOURISTIQUE ET SPORTIF SUR LE DOMAINE DES BLANCS ET VAL JOANIS

Conseil Municipal du 24/06/2009

Nous sommes très étonnés par la présentation de ce rapport qui relève , pour notre groupe , essentiellement , du domaine privé, puisque le titre du dit rapport est assez évocateur en parlant du domaine " privé " des Blancs et Val Joanis .

 

Très étonnés que ce dossier- compte tenu de son importance- n’ est pas fait l’ objet d’une étude préalable commune dans un conseil municipal privé; d’ une réflexion , à la fois , en commission municipale des sports et en commission municipale d’ urbanisme ?

Le groupe majoritaire est très certainement informé , alors que notre groupe d’ opposition au conseil municipal découvre , avec étonnement, ce projet sorti d’ un chapeau !!!

Ce dossier à caractère privé dont vous faites la promotion , tel qu’ il est présenté, aujourd’ hui , n’a absolument pas- à notre avis- à figurer dans l’ ordre du jour du conseil municipal .

En effet , nous trouvons qu’ il est prématuré d’ engager un débat sur ce rapport , du fait que la logique de présentation publique aurait due être respectée .

Dans le cas présent , vous mettez la charrue avant les bœufs !!!

Dans un premier temps , la Mairie de Pertuis aurait dû engager la révision du POS , transformé pour l’ occasion en Plan local d’urbanisme( PLU ) , c'est-à-dire :

Demander un avis à l’ urbaniste de la ville de Pertuis ;

 

Réunir les commissions municipales , concernées pour discuter de ce projet ;

 

Réunir le groupe de travail officiel du POS , composé par les chambres consulaires , les élus et autres personnalités ;

 

Consulter les associations de quartiers ,situées géographiquement proches de ce projet , les associations écologiques , les services de sécurité ………
 

La synthèse faite de ces différentes étapes , le PLU peut être présenté en conseil municipal pour approbation , Puis soumis a la validation du préfet de Vaucluse !

 

Seulement après ces opérations légales , discuter des projets nouveaux privés et publics , sur des emplacements réservés dans les différents zonages du PLU .

 

Dans ce qui est proposé au conseil municipal d’ aujourd’ hui , c’est de faire l’inverse de la procédure normale , c'est-à-dire de ce prononcer sur un accord de principe sur ce projet ; principe qui n’ a pas lieu d’être, car non-conforme aux règles d’urbanisme à suivre et à mettre en place .

Ce qui est paradoxal , c’ est que vous faites la promotion d’ un projet privé qui concerne qu’ un seul propriétaire foncier , et vous enrobez ce dossier – pour mieux le faire adopter – d’ arguments comme ITER , des centaines d’ emplois , l’ INRA , un vignoble Bio , une Nouvelle cave , un moulin à huile etc.…..

 

Mais , à notre avis , l’ astuce , pour favoriser l’ émergence d’ un tel projet privé , de grande envergure immobilière , réside dans le fait qu’ il fallait trouver un prétexte , on va dire un prétexte à caractère " Public ".

Vous avez trouvez , pour cela , l’ adjonction d’ un complexe sportif public , contigu à ce projet immobilier !!

Plusieurs remarques sont à faire :

En Matière Urbanistique :Il faut rappeler :
  

  • que sur les 350 Hectares du domaine privé de Val Joanis , il s’ agit que d’ un seul propriétaire foncier .
  •  

     

  • que ce projet se situe en zone NC ( agricole) et ND ( Boisé protégé) du POS actuel de la ville de Pertuis ;
  •  

     

  • que ce secteur est frappé par un plan de prévention de risques d’ incendie , avec toutes les contraintes que cela comporte , auquel il faut rajouter la traversée de deux pipes lines dans cette zone !
  •  

     

  • que la zone Val Joanis et Les Blancs se situe à plus de deux kilomètres de la première zone urbaine , quartier les Moulières , sachant que ce projet ne pourrait se faire que s’ il y avait une continuité territoriale avec la zone urbaine existante .
  •  

     

  • que la mairie de Pertuis refuse , actuellement , la réalisation de la zone 3 NA- Jas de Beaumont - à cause de la non réalisation de la déviation Nord . Alors que sur ce projet immobilier de Val Joanis , il n’ est mentionné aucun accès digne de desservir un tel complexe , à part d’ engorger , et surcharger un peu plus la circulation sur la route départementale .
  •  

     

  • que les problèmes d’ assainissement , de voirie et réseaux divers , de ruissellement sont très succinctement abordés dans ce projet .

 
Sur le plan de l’Ethique :

Si ce projet devait être voté par la majorité municipale , cela voudrait dire que le cadeau serait énorme pour ce propriétaire foncier , ceci par rapport ,certes , à de lourds investissements , mais dont les rapports financiers seraient très importants dans le futur .

Ce projet serait une injustice sur le plan urbanistique , politique et humain .

Pourquoi : parce que de nombreux petits propriétaires terriens demandent , depuis de nombreuses années , que leurs parcelles , situées en zone NC, passent constructibles , afin de pouvoir assurer leur retraite , ou faire donation à leurs enfants ou petits enfants .

Personnellement , si ce projet devait être voté par le groupe majoritaire , ce processus relèverait d’ un délit de favoritisme , pour avoir accordé pas moins de 30.000 M2 de surfaces constructibles de grand standing, alors que peu de logements sociaux sont réalisés sur le territoire de notre commune !Sur le Projet d’ Equipement Sportif Public :

Qui est contigu au projet immobilier privé , donc sur les terres du domaine privé de Val Joanis, je pense que la notion de service public est le prétexte tout trouvé pour que le projet privé immobilier voit le jour .

Reste à connaître l’ arrangement qui s’est négocié entre la municipalité et le propriétaire privé ?

En effet, après les élections municipales de 2008 , des rencontres , des réunions ont eu lieu entre le Maire de Pertuis , le Préfet de Vaucluse , le propriétaire privé ; puis après une réunion faite le 12/03/2009 , au cours de laquelle le projet a été réactualisé , le programme de mise au point d’ un équipement sportif public a été placé sous la responsabilité de l’ adjoint délégué au Sports de la ville de PERTUIS , sans que la commission officielle des sports n’est été saisie .

Dans ces circonstances , il serait bon de savoir :  

  • Si un emplacement réservé , pour ce équipement public , est envisagé dans cette propriété privé dans le futur PLU ?
  •  

     

  • Si oui , à quel prix la ville de PERTUIS achètera les 12 Hectares pour la réalisation de ce complexe sportif public ?
  •  

     

  • Savoir , si en fait , il ne s’ agit pas d’ un échange de bon procédé entre la mairie de Pertuis et le propriétaire privé , d’ accorder une cession gratuite de 12 Hec., par le biais d’ un bail emphytéotique , contre la constructibilité de terrains sur l’ ensemble du domaine de Val Joanis et des Blancs ?

 Savoir à qui reviendra la charge de réaliser cet équipement public , et à quel prix , ainsi que les VRD et les voies d’ accès de ces des deux complexes , Public et Privé ?

Dans ce dossier , il y a beaucoup trop d’ interrogations , d’ inconnues pour que nous nous prononcions sur le principe de création d’ un complexe touristique et sportif sur le domaine privé des Blancs et Val Joanis !

Dans ces conditions , j’invite toutes celles et tous ceux qui ont des doutes quant à la réalisation d’ un tel projet , de se prononcer par un refus de vote sur ce dossier , en demandant des compléments d’ information , plus de clarté , plus de transparence dans ce dossier , plusieurs réunions spécifiques sur ce projet , dans l’ attente de se prononcer, tout d’ abord, sur la révision du POS , puis sur l’ opportunité d’ un tel projet .

 

Roland ZORZAN

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Budget Supplémentaire :

Le Budget Supplémentaire 2009 nous est présenté en équilibre réel en section de fonctionnement et en section  
d’ investissement .

 

Mais , si l’ on examine , en détail , les chapitres budgétaires de la section de fonctionnement , on est surpris par certains chiffres inscrits en dépenses .

En effet , 4 mois après le vote du Budget Primitif 2009 , le 27/01/09 , vous nous proposez un Budget Supplémentaire avec des lignes budgétaires assez surprenantes :

  • Réajustement de la masse salariale : 355.000 €
  •  

     

  • Frais téléphoniques : 4.500 €, dont 10.000 € avaient été votés lors de la décision modificative , en Avril 2009 .
  •  

     

  • Frais de nettoyage de locaux : 25.000 €,
  •  

     

  • Matières et fournitures voirie :83.800 €.


En investissement :

 

 Pour la compréhension du débat , nous souhaitons revenir sur le Budget Primitif 2009 et rappeler , dans les règles de la comptabilité publique M 14 , que le Budget Primitif est un acte obligatoire , et qu’ il doit contenir les prévisions de recettes et de dépenses, Pour L’ANNEE à laquelle il se rapporte , et qu’en aucun cas un Conseil municipal ne peut adopter l’ année scolaire comme rythme de prévisions et d’ exécution budgétaire .

C'est-à-dire inscrire des dépenses qui se reporteraient de façon systématique d’ un Budget supplémentaire à un autre budget supplémentaire ( ex : juin à juin de l’ année suivante ) .

 

Or , pour reprendre le cas de l’ ajustement de la masse salariale , inscrit au BS 2009 , à hauteur de 355.000 € , nous pouvons dire que cette ligne budgétaire nous conforte , dans le fait de notre contestation sur l’ insincérité budgétaire du Budget primitif 2009 , car nous pensons qu’il y a eu une sous- estimation des dépenses de personnel, notamment, dans le chapitre 012.

Les textes disent que les dépenses et les recettes doivent avoir fait l’ objet d’ une évaluation excluant toute majoration ou minoration au moment de la présentation du dit budget .

 

Notre constat est de dire que si vous aviez inscrit la totalité de la masse salariale – comme le stipule la réglementation – vous n’ auriez pas pu proposer un Budget primitif 2009 en équilibre !

 

Qu’ il y est un réajustement de la masse salariale au Budget Supplémentaire, sur des émoluments d’ emplois saisonniers , d’ avancements du personnel sur le deuxième semestre de l’ exercice , ceci peut paraître normal ; mais pas un réajustement à hauteur de 355.000 € !!!

 

D’ ailleurs, au cours de la présentation du Budget Primitif 2009, en janvier , la masse salariale a été reconduite à l’ identique de celle de 2008 .

Nous vous avons fait la remarque sur le fait qu’ une masse salariale progressait entre 3 et 4 % l’an , et que cette progression normale aurait due porter la masse salariale aux environs de 13.000.000 € .

Ce qui prouve bien que vous n’ avez pas tenu compte de ces éléments conjoncturels , ce qui nous permet de dire qu’ il y a insincérité dans le prévisionnel des dépenses de personnel et bien sûr , sur d’ autres chapitres budgétaires .

.

Je profite de l’ occasion qui m’est donné de parler sur le budget communal , pour répondre à un courrier de Mr. le Maire , qui dit en substance qu’ il est difficile de répondre à plus de 50 questions que nous posons sur le BP2009 , et qu’ elles ne reflètent pas l’ expérience qui devrait être celles des membres de notre groupe .

 

Nous ne voulons pas entamer de polémique sur le sujet , mais reconnaissez que c’ est une façon peu élégante, peu légaliste, de traiter une opposition de la sorte , et de la part du maire de Pertuis cela ne nous étonne pas .

Ainsi sur nos demandes légitimes, vous avez  " envoyer en touche ou noyer le poisson ", puisque nous n’avons toujours pas de réponse à nos interrogations sur le BP 2009, et vous nous avez pas transmis tous les audits demandés .

 

Quand vous écrivez " évitez les mises en cause directes ou indirectes du personnel communal lorsque vous suggérez l’ illégalité des opérations budgétaires "

Je vous répondrais, qu’en matière budgétaire, il y a une différence entre " illégalité " et " insincérité ",

 

Lorsque vous écrivez  "vous devriez avoir plus de mesure concernant le professionnalisme des salariés de notre collectivité, en l’espèce de ceux composant la Direction des finances".

 Je vous réponds et j’ affirme très sincèrement et aux noms de mes collègues , que ce ne sont pas les agents municipaux qui sont en cause , car ce sont des exécutants ; mais bien vous , en qualité d’ ordonnateur .

 

En fait votre courrier m’ a fait sourire , quand je me suis remémoré les conseils municipaux du mandat 2001/2008, au cours desquels , dans l’ opposition , vous n’ avez pas cessé de critiquer , de dénigrer , les cadres de la mairie , le personnel communal que vous traitiez d’ incompétents , avec des méthodes de travail archaïques !!!

Les comptes rendus des conseils municipaux de l’ époque permettent de vérifier mes dires !

 

Pour en revenir , au BS 2009, il est évident que des dépenses étaient prévisibles dés la préparation budgétaire de Janvier 2009 , et qu’ elles ne devraient pas figurer sur le document budgétaire du mois de juin 2009 !

 

Pourquoi ne pas avoir , en début d’ exercice , affecter le résultat du CA 2008 , ce qui vous aurait permis d’être en règle par rapport à l’ annualisation des dépenses et des recettes , et ainsi éviter toute polémique et tracas inutiles !

 

Sur le budget communal 2009 , nous avons saisi le représentant de l’ Etat de notre Département , ainsi que le Président de la Chambre Régionale des Comptes ; et selon leurs réponses , nous saisirons le tribunal administratif .

Telles étaient nos remarques sur le BS 2009 . Nous nous prononcerons contre ce budget.

Officiellement, nous vous demandons,  la communication :  

  • Du Budget Supplémentaire 2009 et de ses annexes
  •  

     

  • Le détail précis de certaines lignes budgétaires , à savoir :
  •  

     

  • Charges de personnel 355.000 €
  •  

     

  • Matières et fournitures 83.500 €
  •  

  • En Investissement :
  •  

     

  • Acquisition de matériels 15.000 €
  •  

     

  • Travaux d’ aménagement 17.400 €
  •  

- Acquisition de matériels 50.000 €

 

Roland ZORZAN

______________________________________________________________________________________________________


COMPTE ADMINISTRATIF 2008 CM du 24/06/2009


Plusieurs remarques sont à faire sur ce document budgétaire qui retrace , dans le cas présent, après la clôture de l’ exercice 2008 , les résultats de l’ exécution du budget , et qui compare les prévisions aux réalisations .

 

En dépenses d’ Investissement : Les crédits ouverts étaient 6.161.161 € .

Les réalisations sont de 3.937.809 €,

Soit une différence de 2.223.335 € de crédits non réalisés.

Il en est de même pour les recettes , où nous trouvons une différence , entre le prévisionnel et le réalisé , de 2.101402 € de recettes non recouvrées .

Ces quelques chiffres sont indispensables , surtout pour rappeler les propos du Maire de Pertuis , qui dans l’ opposition d’ alors ( 2001/2008) ,critiquait , fustigeait , vivement , les investissements insuffisants, réalisés sur le territoire de notre commune .

 

Aujourd’ hui, et après les élections municipales de 2008, vous êtes aux commandes des affaires municipales .

Vous critiquez ouvertement dans vos interventions, dans vos revues, dans la presse, la gestion passée, en criant haut et fort, que les caisses sont vides, que nous sommes prés de la mise sous tutelle , que les finances sont exsangues .

Mais à la lecture du compte administratif 2008 , nous constatons que vous n’ avez pas été capable de faire mieux , de réaliser autant d’ investissements que nous le faisions . Les chiffres le démontrent !

Vous n’avez pas su investir plus , puisqu’en fait – pour reprendre votre expression- il reste dans les caisses de la section d’ investissement 2.223.335 € non utilisés !

Rien de probant n’ a été réalisé dans notre ville sur l’ exercice 2008 , et ne venez pas nous dire que c’ est l’ ancienne municipalité qui avait préparé le budget primitif , et surtout pas en investissement puisque c’est vous qui avez déterminé les choix , les priorités des réalisations pour cet exercice !

Peu d’ investissement en 2008 , sauf à vous targuer- pour faire bonne figure- de réaliser l’ aménagement de 4 places publiques , et d’ une médiathèque , rue Henri SILVY et les entrées de ville .

Rappelons aux Pertuisiens que tous ces projets sont entièrement financés par la Communauté du Pays d’ AIX , et la SEMEPA , société d’ économie mixte ; que ces projets ont été initiés , votés , avec des autorisations de programme et des crédits de paiement , en bureau et en conseil communautaire par les élus de l’ ancienne municipalité de Pertuis , ceci respectivement en 2003 , 2006 et 2007 pour ce qui est de la médiathèque .Les comptes rendus de réunions de la CPA sont à votre disposition et accessibles au public !

Je vous accorde le fait que la réactualisation financière de ces dossiers , votés depuis quelques années ,vous incombe , au sein de la structure communautaire de la CPA .

Vous parliez de gestion à la petite semaine , nous qualifions la vôtre de gestion au jour le jour !!!

Dans ce CA 2008, vous avez très peu mobilisé le volume d’ emprunts , et dieu sait si notre commune a besoin de travaux , notamment sur la voirie communale!

D’ autant plus , que si les caisses avaient été vides en 2008 , vous n’auriez pas pu dégager un résultat d’ exercice en fonctionnement de 1.503.000 € brut – y compris 318.000 € de recettes supplémentaires – vous avez compressé fortement le fonctionnement des services municipaux, à travers les dépenses à caractère général, qui ont baissées de plus d’ un million d’ euros , sans vous soucier , sans vous inquiéter , si ces restrictions budgétaires permettront aux services publics de continuer à fonctionner normalement .

Vous arrivez à un excédent de clôture de fonctionnement de1.678.890 €, et à un déficit d’ investissement de – 815.927 € .

Là encore , pour répondre à vos critiques , vous n’ avez pas fait mieux que l’ ancienne municipalité qui avait dégagé , en 2007 , un excédent de 1.728.910 € , malgré une condamnation de 2.000.000 € , qui pèse toujours très lourd sur l’élaboration des budgets de fonctionnement !


Sur les informations financières obligatoires des budgets communaux , c’ est à dire les ratios calculés sur une strate de communes de 10.000 à 20.000 habitants , nous constatons :

 

  • que vous avez eu la chance , et tant mieux pour notre ville , que les rations sur les produits par habitant progressent rapport à 2007.
  •  

  • Par contre , en dépense par Habitant. , il y a une dégradation sur le ratio dép. Réelles de fonct./ population : en 2007 : 1.144€/ h , en 2008 : 1.154€/h. pour une moyenne de notre strate de 1079 €/ Habitant. 
  •  
  • En dép. d’ équipement brut/ habitant : en 2007 : 210 € , en 2008: 131€ .
  •  
    Ce qui prouve bien une baisse très significative des investissements dans notre commune . Le résultat de ce ratio est très inquiétant , lorsqu’ on constate que pour une commune de même strate , la dépense en équipement brut est de 348 €/ H. , soit une différence de 217 €/ Habt.

  • Un ratio qui s’ améliore , c’est celui de l’ endettement : 974 € en 2008 , 932 € en 2007 .Il faut tenir compte que tous les emprunts n’ ont pas été utilisés en 2008 . 

  •  Encore un ratio inquiétant , non métrisé par les collectivités locales , qui est celui de la DGF , qui reste identique à celui de 2007 , c’ est à dire à 209 € / Habt. Ce chiffre montre bien qu’ il y a un désengagement financier évident de l’ Etat , vis-à-vis des collectivités locales .
  •    

  • Un autre ratio qui surprend , puisque le discours du maire est de réagir contre une masse salariale top élevée à la mairie de Pertuis ; c’ est que le ratio dép. de personnel / dép. réelle de fonct. continue a augmenté , alors que sa volonté est de le faire baisser !
  •  
    En 2007 : 58,07% , en 2008 : 59,94 % pour un ratio de notre strate de 51,94 % .

  • Le ratio Dépenses d’ équipement brut / recettes réelles de Fonct. est fortement en baisse, puisqu’il était en 2007 de 16,80 % , il est en 2008 de 10,46 % par rapport au ratio de notre strate qui est 29,08 % .

En conclusion , les propos du Maire de Pertuis sont de dire qu’ il a trouvé une situation financière catastrophique;  au regard de ce compte administratif 2008 , qui reflète la gestion de la nouvelle équipe municipale, nous pouvons dire qu’ au lieu de participer au redressement des finances locales , il contribue un peu plus à la dégradation de la situation financière , puisque les dépenses courantes de fonctionnement augmentent toujours , ainsi que la masse salariale , et que les investissements stagnent , mais avec une chute vertigineuse des ratios d’ équipement sur la commune .

Malgré vos réponses , vos justifications qui seront contradictoires et que vous allez nous opposer , nous voterons contre ce Compte Administratif 2008 .

Nous vous demandons de bien vouloir nous transmettre le document complet du CA 2008 ,et ses annexes , ainsi que la liste détaillée des restes à réaliser , en dépenses et en recettes .

Un tableau de présentation des résultats des organismes de coopération intercommunale auxquels appartient la commune .

 

Un bilan certifié conforme des organismes dans lesquels la commune détient une participation ou au profit desquels elle a garanti un emprunt.

  

et je vous invite à lire les textes de la comptabilité publique !

 

              Acquisitions de matériels divers :15.000 €

  • Travaux d’ aménagement :17.400 €

             Acquisition de matériels : 50.000 €

 
   Roland ZORZAN

PS: la langue morte

Ps : "La langue morte"

Que c’était pénible d’entendre  la sinueuse  déclaration de Martine Aubry dimanche soir.  Elle trébuchait sur les mots, semblait couper coller des phrases extraites d’un mémo fourni par le  Comité Directeur du PS. Des formules sans trop de liens entre elles  pour satisfaire tout le monde.   Extrait : «  «les Français ont renvoyé» aux socialistes «l’image qui est la nôtre, divisés, recroquevillés sur nous-mêmes». Et dans la foulée : « Cela me donne encore plus de responsabilité à porter cette refondation du Parti socialiste».  (sic)

« Une langue morte » , répliquait  Manuel Vals, député maire PS d’Evry,  ce  matin à la radio. Cruel   parce que profondément exact. Aubry manuel-valls-benoit-hamon-3090039ajkuf_1378.jpgOn en rajoutera pas.  Ce ne serait ni classe ni  juste.

Réformer  un appareil vermoulu, il faut le savoir, c’est  une tâche  de longue haleine. Et toujours perdant-perdant  sur le court terme.

Une foutue galère qui mérite le respect. Car ce qu’on peut espérer gagner un peu d’un côté, on le perd largement de l’autre. Et  les managers qui acceptent l’exercice  n’ont rapidement qu’un seule solution : exercer  un savant sur-place en espérant que l’Histoire, ça arrive parfois, repasse les plats. Une chance sur quatre ou cinq car l'Histoire a déjà été trés généreuse.

 

Juste un mot sur l’Environnement. Martine Aubry   a expliqué au soir des élections   que les électeurs ont lancé via Europe Ecologie un  message sur l'environnement mais que le  job du PS , c'était  d'abord de garantir la question sociale. Bref que "écologie " et  "social", ça n'allait pas  de soi.  Que c'est  au fond chacun son truc.  En somme Martine Aubry ne refonde pas une analyse nouvelle, transversale,  sur la société d'aujourd'hui  Elle juxtapose les  points de vue. Elle tente encore de les fédérer comme l'avait fait Lionel Jospin . Jamais  de les refondre : " Ce message sur la question environementale est fort.  Il est majeur, dit la 1° Secrétaire. Nous l'avons dit. Mais nous voulons aussi que ce message soit lié trés fortement et , oh combien,   parcequ'ils sont inséparables à la question sociale". Est-ce que Daniel Cohn-Bendit  est anti-social   ? Est-ce que l'urgence, ce  n'est pas d'abord de dire quelle voie il faut prendre pour sortir  et du gouffre social où nous sommes déjà plongés et des risques majeurs  qui ont été identifiés ? Le secourisme de l'Etat Providence , la médecine d'urgence sans moyen, ca ne peut plus suffire à fonder une alternance. 
 

aubry_0.jpg

 Sur ces questions, il n’y a pas de motion de synthèse qui vaille.  Il faut cadrer l’avenir, trancher, créer une dynamique. La France accuse un retard pathétique sur toutes les grandes technologies en énergie renouvelable.

Un exemple : il n’existe qu’une seule société française qui maîtrise la technologie photovoltaïque du silicium aux panneaux. Une seule. Le reste est importé d’Allemagne, de Chine et du Japon… Pareil pour le Bio qui est un gisement inouï d’emplois. Or nous importons l'essentiel de ces produits issus de l'élevage ou de la terre que nous consommons.

 

Tous les gouvernements précédents on leur part de responsabilité. Le drame du PS, c'est qu'il n'a amais possédé  de  Disque Dur sur  l'écologie. Il avait sous traité le périphérique à  ses  alliés verts.   Et les alliés sont partis tous seuls  avec.  Bien leur en a pris.  Le  PS, lui,  n'a jamais su trouver un logiciel de récup', de piratage et de mise à jour.  Le "Velib" comme seul trophée, c'est bien,  mais, à force, ça pédale un peu.

D'autant que la question environnementale n'est plus un dossier parmi d'autres. Elle  affecte désormais toutes les politiques publiques. De la fiscalité à l'énergie. De la santé  aux technosciences. De la recherche à l'industrie. De la bioéthique à l'alimentation. De l'agriculture aux politiques urbaines.

Or jamais  ou presque nous n’entendons les chefs socialistes, y compris ceux qui jouent les malins aprés la défaite,  s’exprimer sur ces  questions stratégiques. Sauf à demander « plus de moyens ».

Sur  la Taxe Carbone,  qui pourrait justement rapporter des sous, on ne sait pas ce que contient leurs clé Usb. Sur l’agriculture intensive, on ne sait pas non plus.  Sur les Ogm, pas vraiment.  Sur la décroissance sélective, on ne sait  toujours pas. Sur le Nucléaire,  car Edf ne pourra  faire et du solaire sérieusement et des EPR en série,  on ne sait encore pas.

A la fin, on ne sait rien. Juste que ce qui se fait, c'est pas suffisant.  C'est sûr. Le seul discours porte  toujours et encore sur les  moyens. Jamais il ne porte sur la  finalité.

Or au milieu d’une  telle récession qui  paralyse  et l’efficacité libérale et la justice redistributive social démocrate,   les idées claires sur l’horizon  vaudraient bien des  subventions.

Des idées claires  sur le produire autrement, la consommation autrement et le sens collectif  que l’on peut donner à une colossale transformation qu’on subit plus qu’on ne la maîtrise.

C’est ça sortir de la « langue morte » , du latin du XIX° siècle et des proverbes tous faits. Sans un PS qui se mouille sur ces enjeux, qui renoue avec sa vocation à réformer et pas seulement à gérer des muncipalités et des Conseils Régionaux,  c’est la France,  rendu hémiplégique,  qui traînera la patte.


Guillaume Malaurie

URGENCE A GAUCHE: L'UNION

«Les composantes de la gauche doivent ouvrir d'urgence
des discussions»

France's Laurent Joffrin, Editor-in-Chief for the Nouvel Observateur, holds a news conference in


Jean. Lors de ses élections européennes, n'y a-t-il pas eu une obsession des médias à décrire le parti socialiste comme un parti sans idées, alors que celles-ci sont sûrement plus claires qu'à droite et plus coordonnées au niveau européen?

Laurent Joffrin. Il y a une injustice à l'égard des socialistes, qui ont entamé un effort programmatique plus important qu'on ne croit. Mais ils sont victimes de deux phénomènes : 1) Le programme de la sociale démocratie européenne est trop classique. Celui des Verts, qui dessine une société neuve, est plus attractif. En quoi le socialisme d'aujourd'hui prétend-il changer la vie ? Nous n'avons pas de réponse suffisante à cette question. 2) Il ne suffit pas d'avoir des idées, il faut les imposer dans le débat public par l'intermédiaire de porte-paroles reconnus. Le PS, paradoxalement, en manque, alors qu'il souffre d'un trop-plein de candidats...


Lou. Est-ce qu'un média va enfin dire que les idées de gauche ont obtenu la majorité des suffrages exprimés hier?
 Je l'ai dit dans mon éditorial. Je crois toutefois qu'il s'agit d'une majorité relative. L'UMP est à 28%, les gauches à 43%. Restent les voix du Modem et celles de la droite extrême. La gauche domine donc mais elle est trop divisée pour transformer cette majorité arithmétique en majorité politique.


Benoît. Comment imaginer concilier un communiste, une gauche radicale, une gauche libérale dans un même parti. Qui va y croire ? Pourquoi ne pas aller chercher les voies au centre?
 La constitution d'un seul parti de gauche me semble hors de portée. En revanche, les discussions doivent s'ouvrir d'urgence entre toutes ces composantes pour se coordonner sur le plan programmatique et électoral. Avec une volonté d'unité, on peut arriver à une base commune sur un projet de société plus équitable et plus respectueux de la planète. Mais, si chacun met en avant ses différences, l'échec est assuré.


Kerron. Pensez-vous que l'Europe bascule de plus en plus à droite quand on voit la droite et l'extrême droite gagner partout?
La montée de la droite est indéniable en Europe. Elle a produit un effort idéologique et culturel intense et en tire les fruits. La gauche porte le double fardeau d'une héritage social-démocrate vieilli et d'un recentrage blairiste totalement dépassé par la crise économique et sociale.


Lechuck. Pourquoi n'a-t-on pas entendu Ségolène Royale depuis hier?
 Je pense qu'elle n'a pas voulu donner le sentiment qu'elle se réjouissait de la défaite de son parti et qu'elle en profitait pour revenir sur le devant de la scène. Mais ce silence ne saurait durer...


ElRulo. Est-ce que la gauche doit changer de strategie selon vous, á partir de cette faillite?
 Quelle société européenne pour l'après-crise ? La droite répond : une société de marché tempérée par des valeurs mi-conservatrices, mi-sociales. Les Verts répondent : une société écologiquement transformée. Les sociaux-démocrates n'ont de réponse claire et convaincante.


Rinrin. Daniel Cohn Bendit ne pourrait-il pas incarner le renouveau du PS français?
Si. Mais il faudrait pour cela qu'il ait une ambition nationale, présidentielle ou partisane. Il s'en défend avec énergie et dit préférer l'action à l'échelle européenne.


Fares. Cette défaite, ne s'agit-il pas plutôt d'une opportunité unique pour le PS de comprendre qu'il se doit de choisir clairement son orientation politique générale (plus à gauche, moins à droite ?), plutôt qu'une simple histoire de représentants médiatique ?
 La gauche de la gauche ayant réalisé un score relativement modeste, une orientation plus à gauche n'est pas un gage de réussite. Comment classer Daniel Cohn-Bendit ? Son succès montre en tout cas que les critères habituels qui servent à définir la gauche et la droite changent...


François Bayrou. Daniel Cohn-Bendit est-il prêt à s'allier avec les socialistes? Si oui, est-il en position de force?
Les Verts s'allieront avec le PS si celui-ci leur donne une place suffisante dans une éventuelle coalition parlementaire et gouvernementale. C'est une affaire de négociation politique : quel programme commun ? quelle place au gouvernement ? combien de sièges au Parlement ?


Stephendarko. Comment le parti socialiste peut-il rebondir après un telle déroute ?
 Le PS rebondira en renouvelant ses idées et en tissant les liens d'une coalition d'opposition ouverte et large. S'il définit à l'avance des exclusives, il s'affaiblira.


Polo. Le président est-il trop fort pour le PS, avec sa politique d'ouverture et son art d'occuper le terrain ?
 C'est son action gouvernementale et son savoir-faire médiatique qui expliquent son succès. Quoi qu'on pense de sa politique, il donne le sentiment d'agir et sait parfaitement mettre en scène son personnage d'homme d'action. Toute sa campagne européenne a été fondée sur son action pendant la présidence française. L'anti-sarkozysme tourne à vide s'il est avant tout négatif. Les Verts ont mis en avant un projet et ont refusé de cibler le seul Sarkozy. Ils ont fait un bon score. Le PS et le Modem ont pris pour seule cible la politique de Sarkozy. Leur score est mauvais.


Bonsens 36. A mon avis nous sommes arrivés au bout du socialisme à la Francaise (Mitterrand) un autre jour est là pour refonder un parti de centre gauche réunissant les voix des Verts, Modem sociaux démocrate ainsi que quelques centriste attirés par ce nouveau parti qu'en pensez-vous ?
Je partage votre point de vue. Mais la création d'une nouvelle organisation - d'un nouvel appareil - est trop difficile. Mieux vaut un réseau d'alliances fondé sur une discussion programmatique approfondie. Le candidat à la présidentielle serait alors désigné par un système de primaires ouvertes auxquelles participeraient le PS, les Verts, le Front de Gauche, et même Bayrou et le NPA s'ils le souhaitent.

Mapucho. L'écologie politique est-elle en train de devenir un courant politique majeur en France ?
Stephendarko. Peut-on considérer aujourd'hui les verts comme la troisième force politique française ?

 Il faut se méfier des interprétations en matière de scrutin européen : il y a trop d'abstentions et les choix des électeurs ne sont pas déterminés par une perspective de gouvernement. Mais il est certain que la prise de conscience écologique qui se répand à une vitesse spectaculaire favorise les Verts, quand ils surmontent leurs divisions et qu'il trouvent un porte-pârole talentueux.


Rinrin. La renaissance du PS ne passerait-elle pas par l'Europe justement, une stratégie et une alliance avec tous les autres partis de gauche et Verts européens plutôt que cette impossible quadrature du cercle franco-française entre les nonistes et les socio-démocrates?
 Vous n'avez pas tort. mais les élections décisives restent nationales. Il faut bien trouver des allainces avec les partis franco-français...

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